Les premières semaines sont derrière nous et on commence à avoir un semblant de routine. Je m’habitue tranquillement à mon horaire, à mémoriser les trajets routiers, à maîtriser les sautes d’humeur de mon petit démon et à gérer mes propres émotions.

Car il faut dire que les premiers temps n’ont pas été de tout repos… Il n’était donc pas rare de nous donner rendez-vous, Émilie et moi, dans un restaurant du coin pour aller manger nos émotions en fin de soirée.

Après tout, quoi de mieux qu’un bon gros morceau de gâteau pour faire passer sa peine, hein?!

Sinon, on se défoulait au gym et… au salon de bronzage! Eh oui, à l’époque, on ne connaissait pas encore les effets néfastes du « soleil en canne ». (soupir)


Notre voyage (de pauvres) à San Francisco

Puis, on a commencé à faire des plans de voyage pour nous redonner espoir pour découvrir les environs durant les weekends. Une autre belle façon de se récompenser de vivre autant d’émotions fortes durant la semaine.

Notre première destination en lice était San Francisco. On s’est donc lancé corps et âme dans la planification de notre petite escapade fort attendue! Mais, comme on gagnait des peanuts et qu’on dépensait beaucoup trop dans des trucs inutiles (allô Jamba Juice!), disons qu’on a fait un voyage de pauvres. On a dormi dans une chambre de bonne qui semblait tout droit sortie des Contes d’Avonlea, on a soupé au Hard Rock Cafe (la grande gastronomie, toé chose!), on s’est gâtées à l’usine de chocolats Ghirardelli, avant de descendre Lombard Street en voiture dix fois d’affilées (méchant rush d’adrénaline, j’te jure!).

Voilà, c’est tout : aucun musée, aucun parc, aucun bar!

Parlant de bar, rappelons-nous qu’on avait 20 ans à ce moment-là, et qu’aux États-Unis, l’âge légal pour boire est de 21 ans. Vous comprendrez donc qu’on ne pouvait jamais acheter d’alcool par nous-mêmes, ni même aller dans un bar pour rencontrer des gens… Et on n’avait pas encore Facebook à l’époque, alors comment fait-on pour socialiser dans ce temps-là?

La réponse est : on ne socialise juste pas!


Notre refuge « tout-inclus »

Sinon, au day to day, quand on avait besoin de décompresser, on se réfugiait chez Matante Mignonne (vous vous rappelez, la sœur de ma grand-mère qui nous a accueillies à l’aéroport en nous disant qu’on pouvait la visiter en tout temps? Eh bien voilà, on l’a prise au pied de la lettre).

Il n’était pas rare, les soirs de semaine, d’aller souper avec Bob et Mignonne, et de terminer le repas avec un petit verre de vin dans le spa (parce que oui, chez Mignonne, on avait le droit de boire du vin). Et le vendredi soir, lorsque « papa » rentrait du travail, je courrais faire ma valise pour le weekend dans mon « tout-inclus » favori!

Chez Matante Mignonne, on avait notre chambre, en haut du garage, et elle avait toujours une bonne bouteille de rosé au froid pour l’apéro, à 16h tapant. C’était tellement doux d’être prise en charge, et non l’inverse.

Bref, on semblait avoir trouvé une vitesse de croisière qui nous satisfaisait, mais malheureusement…

un événement est venu tout perturber!

Poursuis ta lecture juste ici, avec la 6e partie : Le faux pas