Après un vol sans histoire (à part le fait qu’Émilie et moi ne savions pas ce que le mot « trash » signifiait et qu’on se demandait ce que l’hôtesse de l’air disait en remontant l’allée…), on est finalement arrivées à Sacramento!

C’est à ce moment que je suis envahie d’un sentiment qui se situe entre l’excitation, le stress et la peur.

Tu sais, ce genre de sentiment qui vient avec les mains moites, le cœur qui bat à toute vitesse et une petite envie de pipi…

Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que la sœur de ma grand-mère (Matante Mignone de son surnom) vit à Sacramento depuis les années 60. Elle était déménagée en Californie à l’âge de 21 ans pour combler la pénurie d’infirmières, et n’est jamais revenue (sauf en visite, of course).

Bref, ma mère l’avait contactée pour qu’elle vienne nous accueillir à l’aéroport, afin de s’assurer qu’on soit bel et bien arrivé à bon port et que nos « familles d’adoption » soient clean. Ce fut un véritable soulagement de voir son visage familier parmi une foule d’inconnus. Elle me faisait beaucoup penser à ma grand-mère (qui était encore vivante à l’époque), ce qui était fort rassurant/sécurisant.

Matante Mignonne avait eu le temps de jaser avec nos familles respectives, en nous attendant, et nous a finalement donné sa bénédiction (ça sonne religieux dit comme ça, mais vous comprenez ce que je veux dire), après nous avoir rappelé qu’on pouvait l’appeler et la visiter en tout temps.

Cette dernière information n’est pas tombée dans l’oreille d’une sourde, mais on y reviendra plus tard…

Après des « au revoir » précipités (qui ont fait augmenter mon niveau d’anxiété), Émilie et moi avons suivi nos familles respectives, afin de découvrir notre nouvelle maison.

Dans la voiture, j’ai essayé tant bien que mal d’entretenir une discussion, mais avec le décalage horaire et le mix d’émotions, les mots ne semblaient pas vouloir sortir.


Première impression

Arrivée à destination, j’ai découvert mon nouvel environnement : une très grande maison propre et bien décorée.

J’ai ma propre chambre (cute et douillette), ma propre voiture (l’ancienne Buick du grand-père décédé récemment #creap), et mon téléphone cellulaire à la carte (on se rappelle qu’on est en 2005…).

Je tente donc de m’approprier les lieux, je soupe officiellement avec ma nouvelle famille et je tombe finalement d’épuisement après une journée chargée en émotions… et parce que ma nouvelle routine commence officiellement le lendemain.

Voici donc ma première impression de ma nouvelle famille :

  • Le papa a l’air vraiment doux et gentil, comme un gros Teddy Bear
  • La maman est over sympathique, mais ça sonne fake
  • L’adolescente est beaucoup plus mature que je ne l’aurais imaginé…
  • Le petit a l’air d’un vrai monstre

Et (malheureusement!) mon instinct avait vu juste…

Poursuis ta lecture juste ici, avec la 4e partie : La découverte