Épices boréales, ou comment donner une saveur locale à vos recettes

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On connait tous une personne qui, lorsque vient le temps d’assaisonner un plat, ne jure que par le sel et le poivre… rien d’autre. Paprika, curry, cumin : c’est quoi ça? Sans rien leur enlever, parce que le sel et le poivre ne sont pas des démons, ça finit par faire des plats assez fades merci.

Saviez-vous que dans certains pays, le sel n’est pas ou très peu utilisé? On mise alors sur des épices pour donner du goût et même des couleurs aux plats!

Ainsi, admettons qu’on décide de varier un peu dans nos pratiques en cuisine, plutôt que d’opter pour un bœuf braisé pendant 8h avec une purée de panais, on peut tout simplement réduire le sel et ajouter quelques épices. Après tout, moins de sel dans notre alimentation n’est pas une mauvaise chose en soi!


Des épices 100% locales

Si l’achat local est une motivation pour toi, ce ne sera pas difficile de te convaincre d’essayer les épices d’ici. On en retrouve d’ailleurs de plus en plus sur les tablettes, alors pourquoi ne pas miser sur ce qui poussent chez nous?

Par le passé, je t’invitais à découvrir 5 épices pour faire différent, dont deux qui sont populaires dans mes recettes et qui sont originaires du Québec, soit le sapin baumier et la poudre de champignon sauvage. Et ce ne sont que deux parmi une tonne d’autres, qu’on appelle plus communément les épices boréales.

Photo: Morille Québec

Tu veux en savoir plus? J’ai découvert récemment le livre Cuisine Sauvage de Simon-Pierre S. Murdock, qui contient 80 recettes mettant en vedette des aliments de la forêt boréale. Perso, j’avais le ventre qui hurlait rendu à la 6e recette, t’sais. D’ailleurs, l’ouvrage est divisé en saisons, selon les récoltes qu’on peut y faire. On y partage autant des aliments, comme des champignons sauvages, que des herbes ou des épices, avec des conseils et informations supplémentaires sur chacun d’eux.

Donc, ce livre est très intéressant pour la recherche d’inspiration et pour se lancer dans la cuisine d’épices… ou de tout autre aliment qu’on retrouve tout près de chez nous.


On passe à l’essai!

Une entreprise de Chicoutimi vient de lancer de nouveaux produits que j’ai eu la chance d’essayer. Morille Québec se spécialise dans la cueillette, la transformation et la distribution de champignons, épices sauvages et petits fruits nordiques. Trois nouveautés sont maintenant offertes dans leur assortiment de produits, et n’ont rien d’épeurant pour les novices, tout en étant parfaites pour les plus expérimentés en cuisine.

Photo de Morille Québec – Cuisine Sauvage

D’abord, le thé du Labrador qui se consomme en infusion, évidemment, mais aussi pour parfumer des viandes ou même dans des recettes plus fruitées, étant donné son léger goût d’agrume. En fait, on propose simplement de substituer le romarin ou le laurier par du thé du Labrador!

Ensuite, le mélange d’épices forestières avec du poivre des dunes, des graines de citrouille et des champignons séchés (entre autres) : un mélange à la fois parfumé et subtil. On recommande de l’utiliser pour assaisonner viandes et poissons, mais j’ai fait l’essai dans un potage avant de passer au mélangeur et c’était délicieux!

Finalement, je parlais de réduire le sel… mais je vais tricher ici avec le sel de champignons sauvages. Jusqu’à présent, j’en ai mis pratiquement dans toutes mes recettes. À l’odeur, on peut avoir une idée de comment l’utiliser, parce que ça sent très bon! Dans une omelette champignon, fromage et épinard : c’est délicieux. Dans une sauce béchamel aussi, de même que sur un poisson ou dans des pâtes. J’ai aussi assaisonné des frites maison avec ce sel : chef’s kiss !


Sur ce, je vous laisse saliver tranquille… bonne découverte!