Parlons du deuil périnatal

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Photo : Bee Harris for NPR

Existe-t-il un sujet plus délicat que le deuil périnatal? J’en doute. À mon avis très personnel, le décès d’un bébé c’est le summun du sujet malaisant. On le sait que ça existe, mais on ne veut pas tant le savoir. On ne veut pas vraiment savoir que certains parents reviennent orphelins à la maison, ou encore qu’ils n’ont eu que quelques instants avec cet être qu’ils ont fabriqué avant que celui-ci ne décède…

Sauf que, ça existe!

Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), environ 20 % des grossesses se terminent par un avortement spontané (fausse couche), ce qui en fait le type de décès périnatal le plus fréquent. Et avec leurs dernières données de 2013, on sait que sur près de 90 000 naissances au Québec moins de 1 % de celles-ci se sont terminées en mortinaissance, ou en mort néonatale. C’est peu, mais ça existe.

Ces parents qui passent par-là, ne savent pas comment surmonter cette épreuve. Et leurs proches savent encore moins quoi dire et quoi faire…

Photo iStock

Quand on retourne à la maison le ventre et les mains vides

Catherine, 25 ans à l’époque, l’a vécu. Cette jeune femme de Québec sans histoire, alors en couple depuis un bon moment, se prépare à accueillir sa première fille au terme d’une grossesse tout ce qu’il y a de plus normale.

C’est en mars 2007. 39 semaines de grossesse. Elle se rend à la maternité puisqu’elle a des contractions. À 18 h 30, le soir du 10 mars 2007, les futurs parents vont apprendre que le cœur de leur bébé à naître s’est arrêté pour une raison qu’ils ignorent à ce moment.

Pourtant, tous ses suivis de grossesse étaient normaux

Dans une vidéo qu’elle a enregistrée chez elle, le 10 mars 2022, elle raconte sans pudeur toute son histoire à l’occasion de l’anniversaire de naissance des 15 ans de Marie, celle qu’elle n’aura jamais vue ouvrir les yeux.

Elle raconte publiquement chaque minute du 10 mars 2007 et elle répond aux questions qu’elle a souvent reçu au fil des années. C’est le récit de son cheminement de jeune femme pas du tout prête à vivre ce deuil. Un deuil qui s’estompe avec le temps, mais qui ne se terminera jamais.

Crédit photo Catherine Fortin

Quelle est la pire chose qu’elle a entendue? Tu es jeune tu pourras en faire d’autres enfants.

Qu’est-ce qu’elle a le plus apprécié de son entourage? Leur écoute. Juste le silence et leurs oreilles tendues vers moi.

Est-ce qu’on peut avoir peur de faire fuir ses proches? Personne autour de moi n’a fui, m’assure-t-elle.


Et la vie continue…

Non, ce n’est pas juste triste. C’est plein d’espoir, de réflexions et de ressources. Parce que, comme elle le dit, ces parents endeuillés ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas seuls. Ils ont aussi besoin de savoir que, 15 ans plus tard, Catherine va bien. Et si elle avait pu entendre cette tranche de vie à cette époque, ça l’aurait aidé.

Crédit photo Catherine Fortin – ses deux enfants rendent visite à leur grande soeur, Marie.

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