Comme des milliers de Québécois, j’aime bien mettre mon cerveau à OFF le dimanche et écouter Occupation Double (plaisir coupable!). Bon, il faut dire que, même si tu ne l’écoutes pas, avec les réseaux sociaux, c’est certain que tu es au courant de ce qui se passe dans Lanaudière (cette saison étant tournée à Saint-Jean-de-Matha).

Cette année, à défaut du crêpage de chignons et de la jalousie, ce que l’on entend le plus parler, LE mot le plus évoqué : DIVERSITÉ. Diversité parce que Naadei a la peau noire, que Patrick est Libanais, mais surtout à cause de Julie.

Julie, 29 ans, femme magnifique et… ronde!

J’étais très curieuse de suivre son cheminement, mais surtout de voir si la production avait fait des sélections aussi ouvertes du côté des hommes. Négatif. Nada. Tous faits sur le même frame.

Et c’est ainsi que le malaise commença…

J’ai passé 30 ans de ma vie à être une « plus size ». À être ronde. En surplus de poids… Comme la belle et forte Julie!

On n’a pas le choix d’être fortes, nous, les rondes : on doit se forger une carapace avec le temps. Être ronde, ce n’est pas une façon d’être, une qualité ou un défaut. Être ronde, c’est en tout temps faire face à des regards et des jugements sur ta vie (active ou non), sur ton alimentation (saine ou non), sur ton look (assumé ou non). C’est te faire choisir en dernier dans un sport, parce qu’on est certain que tu n’en fais pas (si vous saviez comme c’est faux!). C’est le regard de déception (voire de dégoût!) d’une personne qui doit s’assoir à côté de toi dans l’autobus quand il n’y a plus de place. C’est d’être celle qui a eu sa première vraie relation amoureuse sur le tard, parce que, quand t’es ronde, ce n’est pas toi la plus hot de l’école, mettons!

Et cette année, avec Occupation Double, j’ai l’impression de revivre toute mon adolescence dans une téléréalité

Photo Instagram @julie.od_officiel

Quand je vois Julie fondre en larmes après que son crush l’ait « friendzonné » pour une autre fille, je compatis. Ça m’est arrivé la fois où Mathis s’est intéressé à mon amie Véro davantage qu’à moi. Et la fois où Mathieu a fait la même chose avec mon amie Sandrine. Et Sébastien avec mon amie Julie. Et Ian avec mon amie Maude. Et Jeff avec mon amie Alexandra. Et David aussi, qui n’avait d’yeux que pour Laura quand on est sorti au bar, dernièrement…

Quand je vois Julie dans toute son élégance et sa beauté essayer de charmer un des gars, sans réciprocité, j’ai un pincement au coeur parce que je suis passée par là tellement de fois, moi aussi.

Quand j’entends les filles dire : « Ne l’éliminez pas, elle doit être ici pour passer un message », je ne comprends pas. Quel message? Celui que les filles rondes peuvent elles aussi faire de la téléréalité? Ou qu’elles ont aussi droit à l’amour? J’ai un gros malaise à la voir rester dans l’émission, alors que le but est d’être en couple et qu’aucun dénouement amoureux ne semble possible pour elle…


Stéréotypes

Photo Instagram @julie.od_officiel

En conservant Julie dans l’émission, on essaie de pousser dans la tête des téléspectateurs que…

  • la diversité, c’est bien, mais pas en amour.
  • Julie a sa place, mais pas en amour.
  • elle est incroyable et forte, mais pas en amour.

J’ose espérer que chaque candidat choisi mentionne le type de garçon/fille qu’il/elle préfère. Et de là, la production essaie de créer le plus possible un maillage entre candidats dans leurs choix finaux, non? Suis-je trop naïve?

Ainsi, quand Jay a annoncé la venue d’un nouveau candidat, j’ai tellement espéré de la diversité masculine ! J’ai espéré pour Julie. J’ai espéré pour que le malaise cesse. Eh non, CTRL+C, CTRL+V et boom : Jordan est apparu.

Moi, c’est des gars comme eux que j’aurai aimé voir dans Occupation Double :

Et toi?