Quelle est ta dépendance à toi?

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Photo additudemag.com

Selon le Larousse (parce que c’est toujours bon de retourner au sens premier d’un mot), la dépendance est un apport de liaison étroite entre quelque chose et ce qui le conditionne, le régit.

Quand il est question de dépendance, je parie que les premiers mots qui vous viennent en tête ressemblent à alcool, drogue, cigarette, médicaments, jeux de hasard, jeux vidéo ou encore pornographie. À ce compte, on pourrait penser que la dépendance est reliée à quelque chose qui n’est pas nécessaire à notre survie.

Pourtant, la dépendance affective ou à la nourriture en général (au sucre, par exemple), touche des besoins pas mal plus primaires, en ce sens qu’il est impossible de les supprimer totalement de notre existence.


Quand est-ce que ça devient une dépendance?

Le besoin de plaire, le besoin d’attention (allo les réseaux sociaux!) ou de valorisation, le besoin de mentir pour remonter son estime, le besoin de sexe juste pour se sentir désirée et désirable… ce sont tous des comportements qu’on peut reproduire à un cycle si régulier, parce qu’ils nous apportent un sentiment de plaisir immédiat, qu’on pourrait les définir comme une dépendance.

À mon avis, peu de gens peuvent se dire totalement sans dépendance

Qui n’a jamais fait un peu trop de magasinage en ligne lorsqu’elle s’ennuie? Qui ne se console jamais avec de la malbouffe ou se félicite avec une bonne bouteille? Qui n’attrape pas son téléphone intelligent aussitôt qu’elle passe une minute seule ou qu’elle reçoit une notification?

@pixabay

Perdre les pédales devant un plaisir, quel qu’il soit, n’est pas si nocif à première vue. Cependant, si ce comportement devient une norme dans notre quotidien, peut-on parler de dépendance? Qu’est-ce qui nous pousse à reproduire un acte jusqu’à ce qu’il nous nuise? J’entends ici s’endetter avec des achats impulsifs, développer des comportements d’hyperphagie avec la nourriture, augmenter sa consommation d’alcool pour se sentir heureux…


Qu’est-ce qui cause ce besoin de recommencer?

Ce bonheur immédiat, c’est la dopamine qui nous l’apporte, celle qu’on appelle une des 4 hormones du bien-être (avec la sérotonine, l’ocytocine et l’endorphine). C’est fort probablement cette affluence de dopamine, surnommée aussi l’hormone de la récompense, qui n’est pas étrangère à la naissance même de toute dépendance.

Selon le Harvard Health Publishing, dans un article intitulé « Dopamine : the pathway to pleasure », il est expliqué que (traduction libre) :

La dopamine est impliquée dans l’acte de ressentir du plaisir, cela fait partie du système de récompense du cerveau. Le sexe, les achats, l’odeur des biscuits cuits au four – toutes ces choses peuvent déclencher la libération de dopamine, ou une « poussée de dopamine ».

Photo Possessed Photography, Unsplash

Le comportement qui nous donne ce bonheur immédiat, notre dépendance ou notre pattern, c’est un peu pour fuir le moment présent, celui qui est parfois plus ennuyeux. On a beau entendre qu’il faut profiter du moment présent, mais c’est possible qu’il ne soit pas si plaisant. Ce présent peut être plate parce qu’on souffre de solitude, parce qu’on devrait être en train de régler une situation qui nous pèse, ou discuter d’un conflit avec une personne, ou encore faire une tâche qu’on reporte constamment…

Parce que parfois, la vie quotidienne est juste… beige !

Le danger, c’est que le manque de dopamine produit un petit sentiment de déprime. Donc, si je reproduis un comportement qui me décharge de la dopamine, je nourris une dépendance, qui ensuite risque de m’entraîner dans une montagne russe. Car lorsque la dopamine va redescendre, je vais en vouloir encore… et encore.


Qu’est-ce que je reproduis et pourquoi le fais-je?

Maintenant, c’est de savoir pourquoi ai-je besoin d’entrer dans cette roue de récompense immédiate? Est-ce que je reproduis un comportement pour en oublier un autre? Est-ce que je fuis ce qui me plait moins dans ma vie en me créant du plaisir instantané?

@pixabay

On s’entend, je suis loin d’être une spécialiste. Par contre, je me rends compte qu’on doit être en mesure de prendre conscience de notre état, de réaliser ce qui se cache sous un comportement.

Le Portage, un centre de réadaptation en toxicomanie, propose 9 trucs pour régulariser naturellement son apport de dopamine, dont dormir, bouger, manger sainement, méditer… Le secret serait donc de trouver cet état de bien-être, sans passer par une décharge d’enthousiasme dopaminiesque (mot tout à fait inventé!)

Je comprends ici qu’on doit se mettre en action pour contrer notre dépendance. D’abord, il faut prendre conscience de ce pattern, ensuite en découvrir la source, et finalement, apprendre à vivre sans se conditionner à recevoir une décharge de dopamine.

Si simple, mais pas si facile!