Pour ou contre les scènes de viol à la télé?

Aetios Production

C’est horrible comme épisode. Un double viol à la télé. Pas terrible de la part de l’auteur et du diffuseur.

Ce soir, je pleure à chaudes larmes devant mon ordinateur parce que je ne peux m’empêcher de repenser à mes propres agressions. Vous avez manqué de jugement […].

Pas certaine que je vais être au rendez-vous en janvier. J’écoute l’émission depuis la première saison, mais ce soir, c’était un coup bas.

Voici les commentaires laissés par les internautes sur la page Facebook d’Unité 9, en réaction à la scène de double viol diffusée dans l’épisode de mardi dernier.

Il s’agissait du dernier épisode avant janvier et plusieurs téléspectateurs ont manifesté leur intention de boycotter l’émission à son retour sur les ondes.

mais moi, Je ne suis pas de ceux-là

Je suis de ceux qui ont été bouleversés de voir Jeanne se faire pénétrer aussi violemment dans son intimité. Qui ne l’aurait pas été ?

Je suis de ceux qui ont pris conscience que la cruauté humaine existe réellement. Cependant, je suis aussi de ceux qui croient qu’on ne doit pas se cacher la tête dans le sable : en milieu carcéral, ce n’est pas rose tous les jours.


Éveil collectif

Viol à la télé, éveil collectif
Photo Oscar Keys, Unsplash

Depuis les dernières semaines, la société québécoise est plongée dans une période de grande tourmente. Les allégations d’inconduites sexuelles reprochées à de grands noms de la sphère publique en ont choqué plus d’un.

Je comprends.

Je comprends aussi que l’épisode de mardi dernier n’ait été pour certains que la cerise sur le sundae de leurs blessures passées. L’escalade de la souffrance a atteint son apogée.

Le volcan de Bali est entré en éruption dans nos télés.

Toutefois, comme l’a si bien évoqué Catherine-Anne Toupin, l’interprète de la détestable Shandy, lors de son passage à Tout le monde en parle :

pour rendre justice à ce milieu-là, on n’a pas le choix de le montrer

Dans l’intention de faire suite à ces propos, je crois que pour rendre justice à ce qui est arrivé aux victimes récemment avouées, on n’avait pas le choix de le montrer.

Je ne peux passer sous silence qu’il soit confrontant d’assister à une telle scène. Mais, je suis aussi de ceux qui croient qu’on doit cesser de faire l’autruche. Je suis de ceux qui croient en ce mal nécessaire, cette suite logique de notre cheminement collectif vers l’ouverture à cette réalité.


Public averti

Photo Priscilla Du Preez, Unsplash

La mise en garde était pourtant claire. Par la présence de scènes particulièrement difficiles à regarder, destiné à un public de 16 ans et plus.

Les règles du CRTC aussi sont claires. Il est interdit de diffuser des scènes de violence avant 21h, ce dont plusieurs téléspectateurs indignés n’ont pas manqué de rappeler à Radio-Canada.

Unité 9 met en scène des femmes en milieu carcéral. S’attendre à voir la vie en rose, c’est se vautrer dans le déni. L’épisode en question était également le dernier de l’année 2017. Il fallait prévoir quelque chose d’inattendu, de gros.

Je suis de ceux qui croient en l’usage de son bon jugement.

Je suis de ceux qui, comme Catherine-Anne Toupin, croient que « ça prend une certaine maturité pour digérer tout ça ».

bref, je suis de ceux qui croient que c’est là où nous en sommes rendus.