Ménopause – une porte s’ouvre enfin, mais il reste du travail à faire…

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Photo LOGAN WEAVER sur Unsplash

L’idée populaire de la ménopause est assez simple. Une femme dans la cinquantaine qui a chaud la nuit (voir tout le temps) et qui chiale souvent. Moi-même j’ai souvent fait la blague d’être en ménopause hâtive, juste parce que j’avais plus chaud que les autres.

Chose que je ne savais pas, par contre, est que cette condition ne se limite pas qu’à des bouffées de chaleur et une humeur de truck

J’écris ces lignes pour aider ma mère, qui souhaite informer le plus de gens possible dans son entourage sur ce qu’est la ménopause. En fait, elle veut surtout passer le mot sur son processus pour arriver à un traitement, qui démontre une inégalité encore présente entre l’homme et la femme.

Bref, c’est le temps de mettre les pendules à l’heure!


Quand la ménopause s’invite

Chaque femme vivra sa ménopause différemment. Que ce soit pour l’âge (non, ça n’apparait pas le matin de tes 50 ans, il y en a qui entrent en pré-ménopause à 30 ans!), les stades et les impacts. Certaines n’auront que peu de symptômes tout au long de leur ménopause, d’autres vont en développer plus tard, et enfin – comme ma mère – d’autres vont rusher dès le début.

Rusher parce que ma mère est une femme active dans la vie, mais ces derniers mois, elle fonctionne au ralenti. Une tâche habituellement simple devient plus épuisante à force de travailler avec des douleurs multiples. Avec la fatigue vient aussi le moral qui en prend un coup. L’envie de faire des activités et d’entamer des projets s’estompe… Ce n’est pas ma mère, je le sais et elle le sait!

Alors, quoi faire? Passer le reste de sa vie dans cette bulle imposée par la nature?


Fini les hormones… pour les femmes seulement

Une belle solution à l’horizon, qui a commencé à faire plus de bruit avec le documentaire Loto Méno de Véronique Cloutier : l’hormone bio-identique. Ma mère se présente donc chez son médecin avec cette solution, mais frappe un mur. La docteure refuse tout d’abord de lui prescrire des hormones (que ce soit bio-identique ou non), expliquant que les risques de cancer sont trop élevés. Après discussion, la docteure change son fusil d’épaule, mais en disant clairement qu’elle ne portera pas le blâme si ma mère se retrouve avec un cancer.

Pas très chaleureux comme commentaire.

Quelques jours plus tard, un épisode de l’émission Enquête parle de la ménopause. Je partage l’article à ma mère, alors qu’on y découvre qu’un médecin avait publié en deux temps les résultats d’études sur ces hormones, au début des années 2000. Il faut savoir que ce dernier n’était pas trop chaud à l’idée de ce traitement. Dans un premier temps, on indique qu’il y a un risque de cancer. Une fois cette information publique, c’est la panique, on arrête les traitements. Dans un deuxième temps, on précise que ce risque est faible. Mais il est trop tard, le mal est fait, et les hormones féminines se retrouvent dans une liste noire pendant plusieurs années.

Depuis ce temps, la plupart des médecins sont réticents à prescrire les hormones bio-identiques et les assurances ne les couvrent pas, sauf pour certaines exceptions.

Si jamais la question t’effleure l’esprit, les hormones bio-identiques chez les hommes sont beaucoup plus accessibles et, évidemment, remboursables par la RAMQ sans devoir répondre à une énigme quasi-impossible, digne du Père Fouras.


Payer le prix pour mieux vivre

Devant cette impasse, il n’existe que peu de solutions. Ma mère s’est donc tournée vers le privé, soit 300$ pour voir un docteur qui pourra lui prescrire le traitement nécessaire pour qu’elle arrête de rusher à cause de sa ménopause. Quand tu penses à ces femmes qui n’ont pas les moyens de débourser cette somme pour vivre une vie meilleure, point de vue santé, alors que les hommes n’ont pas à payer pour sensiblement la même chose… c’est frustrant!

Sans oublier que ma mère devra continuer à cracher le cash dans les années à venir pour avoir accès aux hormones, et ce, sans bénéficier des assurances pour amortir un peu les coûts. Un bon p’tit trou dans son budget, mettons!


20 ans plus tard… un miracle!

Mais le hasard fait bien les choses pour ma mère, puisque seulement quelques jours après sa première rencontre au privé, une annonce TRÈS attendue est survenue. Dans le cadre du projet Loto Méno, Véronique Cloutier reçoit le ministre de la Santé qui lui annonce une bonne nouvelle. Elle s’attendait à une annonce du genre que le dossier avance, mais elle a plutôt appris que la RAMQ remboursera deux types d’hormones bio-identiques pour traiter la ménopause dès la fin mai 2022.

Dommage que ça ait pris une vedette pour faire bouger les choses, mais bon… Au moins le résultat est là!

Un premier grand pas pour un traitement plus accessible pour les femmes, après plusieurs années dans le néant. Maintenant, souhaitons que le personnel en santé soit mieux informé sur l’hormonothérapie féminine, et que les études reprennent à plus grande échelle pour permettre aux femmes d’arrêter de souffrir à défaut d’avoir les moyens de s’offrir ce traitement.