Hommage à mon père (et aux Paramédics du Québec)

Photo : Le Soleil

Depuis que je collabore avec La Journaliste, mon père me demande à la blague : « Quand est-ce que tu vas écrire un article sur ton petit papa préféré? » Je sais que ça fait fille à papa, mais tsé, mon père, je l’adore…

Et je l’assume!

Et puisque la fête des Pères approche, je me suis dit que ce serait le bon moment pour lui offrir ce texte.

J’ai une relation particulière avec mon père. Nous nous ressemblons beaucoup et je me suis toujours bien entendue avec lui. Au fil des ans, mon père est aussi devenu mon ami. C’est un peu le roc de mon existence à qui il m’est facile de m’accrocher quand la vie fait des vagues dans mon quotidien. Il n’y a jamais rien de compliqué ou de difficile avec lui.

Comme dit mon frère, mon père a une solution pour chaque problème… Tellement, que c’en est fatiguant des fois!


Fier technicien ambulancier

Dernièrement, mon père a publié une photo sur son compte Facebook avec tous les badges de technicien ambulancier qu’il a portés au fil de sa carrière.

Merci de me prêter ta photo, papa!

Cette photo me rappelle plusieurs souvenirs de mon père qui n’exerçait pas seulement un métier, mais qui avait une passion réelle et profonde à aider les gens.

Combien d’histoires j’ai pu entendre sur ce qui arrivait lors de ses appels (parce que oui, je posais toujours la question à son retour)! Des histoires parfois touchantes, comme les deux enfants qu’il a mis au monde dans son ambulance parce que les bébés étaient trop pressés de sortir. Ou des histoires parfois très tristes, comme tous les cas où des enfants étaient impliqués.

Dans ces moments, à son retour à la maison, nous passions obligatoirement, mon frère et moi, par le câlin spécial, celui qui était plus long que d’habitude et qui, aujourd’hui je le comprends, voulait dire qu’il remerciait le ciel que ses enfants soient sains et saufs.

D’autres histoires émouvantes, comme la fois où il s’est assis sur la rambarde d’un pont pour discuter avec la personne qui menaçait de se jeter en bas. Et que cette personne, au final, a bien voulu suivre mon père dans le véhicule d’urgence pour se diriger vers l’hôpital afin d’y recevoir de l’aide.

Je ne me tanne jamais d’entendre ces histoires, même celles qui nous inspirent parfois de l’horreur pure et simple. Parce que oui, il y en a. Et sûrement que mon père ne s’aventurerait pas à raconter certains appels parce que, même en souvenir, c’est trop difficile à raconter… et à entendre.


Passion paramédic

Photo : Radio-Canada

J’ai longtemps voulu exercer le métier de paramédic. La vie a fait en sorte que ce n’est jamais arrivé, mais je conserve encore aujourd’hui un immense respect pour cette profession et pour tous ceux qui la pratiquent.

On parle parfois de réelle vocation pour certains métiers. Je pense profondément que tous les techniciens ambulanciers de ce monde ont cette vocation accrochée dans le ventre, qui se transforme en besoin viscéral d’aider les gens au meilleur de leur connaissance.

En ces temps de pandémie, je prends deux minutes pour leur lever mon chapeau très haut

Mon père a récemment eu des troubles de santé qui l’ont forcé à un arrêt de travail prolongé. En novembre dernier, il a été invité à se rendre au Château Frontenac, à Québec, pour une cérémonie de remise de médailles récompensant les années de service de certains paramédics. Il s’est donc présenté au Château, vêtu de son habit de cérémonie, pour recevoir ses médailles de 40 ans de service : 40 ans!

Ça m’est très difficile de décrire ce que j’ai ressenti en regardant la vidéo. Une gigantesque bouffée de fierté, évidemment, mais également de l’admiration profonde mélangée à de l’émotion pure… parce qu’au même moment, mon père combattait un diagnostic de cancer de la prostate.

Photo : Markus Spiske, Unsplash

Je me souviens de m’être dit lors de l’annonce du diagnostic que si mon père devait mourir de cette maladie, ce qui me manquerait le plus serait son humanité. Cet amour de l’être humain qui le force, jour après jour, à devenir une meilleure personne.

Et cet amour de l’autre, il a réussi à me la transmettre.


Merci!

Aujourd’hui, mon père va bien. Et c’est à mon tour de remercier le ciel d’avoir épargné mon petit papa! Parce que j’ai envie qu’il me raconte toutes ses histoires et ses souvenirs encore longtemps et qu’il continue de prendre soin des gens autour de lui, même s’il ne porte plus son uniforme d’ambulancier!

Bonne fête des Pères à mon papa!