Voici pourquoi le t-shirt de Catherine Dorion me convainc plus que le veston/cravate des autres

Photo Simon Clark, Agence QMI

Après le bashing intense sur le cas de Safia Nolin, il y a deux ans, avec son habillement pas très galatesque au gala de l’ADISQ, cette fois, on lance des tomates à la députée Catherine Dorion.

T-shirt et Doc Martens à l’Assemblée nationale, c’est l’équivalent de lâcher un t*b*rn*ck devant ta grand-mère, lors du souper de Noël… si on se fit à l’opinion publique.

Bref, garantie que durant le temps des Fêtes, les débats autour de la dinde ne porteront pas sur les discours, mais plutôt sur la tenue de la députée.


Nourrir la bête

Photo Flickr

Depuis l’entrée en poste de Dorion, et même avant, les médias se font un plaisir de nourrir la bête. Cette bête, c’est la haine malsaine des gens, monsieur et madame Tout-le-Monde qui se cherchent une raison de détester un parti et surtout une personne.

Tout auteur de film, de livre ou de série télévisée sait que pour capter l’attention du public, il faut des gentils, mais surtout un méchant. Nous aimons détester quelqu’un. Nous adorons pouvoir juger cette personne et dire à quel point nous ne l’aimons pas.

Les médias sont comme ces auteurs, ils construisent la haine autour de ce méchant.

Il y avait un beau potentiel autour de Dorion, alors ils ont sauté sur l’occasion. Depuis, c’est une mine d’or. Il s’agit simplement d’avoir pour titre le nom de la députée, sans même avoir consulté l’article, que les commentaires apparaissent comme de la mauvaise herbe.


Liberté d’expression

Photo Clem Onojeghuo, Unsplash

Les gens ont droit d’avoir leur opinion, d’être d’accord ou non avec quelque chose. Les gens ont droit de détester une personne ou de l’aimer. Ça, c’est évident.

Vive la liberté d’expression!

Au Québec, on l’a entendu (trop?) souvent cette phrase.

On apprend à nos enfants à être respectueux, à ne pas croiser une madame à l’épicerie et hurler REGARDE MAMAN COMMENT ELLE EST GROSSE! On apprend à nos enfants à être gentils avec leurs amis à l’école, même s’ils ne les aiment pas beaucoup. Ensuite on éduque l’adolescent à bien utiliser ses mots sur internet, à faire attention à ce qu’il écrit, ce qu’il partage. Puis, rendus adultes, comme un tour de magie, tous ces apprentissages de base disparaissent.

  • Richard (44 ans) a envie de dire sur Facebook que les musulmans devraient tous être enfermés dans des cages.
  • Nicole (56 ans) écrit à une jeune journaliste que sa denture est horrible et finalement.
  • Marie (31 ans) traite une autre mère de conne parce qu’elle a accidentellement blessé son enfant.

Vêtements = crédibilité

Bref, revenons à la muse des médias : Catherine Dorion. Le jour des élections, on la pointait du doigt parce qu’elle portait une tuque. Quelques semaines plus tard, c’était au tour de sa voiture. Et finalement, son habillement à l’Assemblée nationale.

Photo Simon Clark, Agence QMI

Oui, il y a un certain décorum non officiel à avoir en ces lieux. Nous n’irions pas à des funérailles habillées comme une journée d’été à Old Orchard. Mais, est-ce que les Doc Martens de Dorion l’empêchent d’avoir un discours cohérent et sensé? Est-ce que son t-shirt de Patrice Desbiens lui enlève son diplôme du Kings College?

C’est ce que les gens semblent conclure…

Catherine Dorion est une buzzée, une tartiste, une folle, une tête vide avec des discours sans fond.

Les vêtements d’une personne pèsent lourd sur sa crédibilité. Mais, on se pose la question à savoir en qui nous aurions plus confiance : une personne en veston/cravate ou une personne habillée casual.

Étrangement, autant on accorde plus de crédibilité à la première, autant on se sent plus près de celle en jeans et t-shirt. Pourquoi? Parce que cette personne semble vivre dans une réalité plus près de la mienne.

Évidemment, cette opinion n’est pas partagée de tous.

Mais, pour une fois que nous avons une représentante à l’Assemblée nationale qui ne semble pas sortie tout droit d’une famille d’entrepreneurs millionnaires… Thank God!

Et ce, même si je ne porte pas son parti dans le fond de mon cœur.

On devrait fonctionner comme à l’émission La Voix et écouter ce qu’elle a à dire avant de regarder de quoi elle a l’air…

Après tout, on ne vote pas pour une apparence!