Un road trip en Vespa? Pourquoi pas!

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photo: Matheus Guimarães

La grosse mode des Vespas, à Montréal, on connaît.

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Je ne veux pas prendre spécialement de parti-pris, mais quand on compare les avantages de la mobylette, versus les autres moyens de transport, on peut difficilement trouver des contre-arguments pour ne pas se laisser tenter. Sauf que je ne pensais jamais qu’un jour, mon chum allait tout bonnement débarquer avec la Vespa en question dans ma cour…

« Awaye sur ma mobi bébé, on s’en va faire un tour ! »


Sky is the limit

Donc, c’est sur un merveilleux coup de tête, un dimanche matin, entre deux gorges de café et une bouche de toast au beurre, qu’on a décidé de partir tester les limites d’une Vespa.

C’est généralement le résultat que tu obtiens lorsque tu mets deux spontanés irréfléchis ensembles, loin des chaînes de la parentalité (parce qu’on avait déjà shippé les morveux à mes parents pour deux jours, bien plus vite que le livreur express de Poste Canada) et avec, en bonus, un joujou à deux-roues entre les mains.

« Chérie, est-ce que tu penses que ça peut se faire, Montréal, St-Donas, en Vespa? »

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J’ai senti le défi dans la voix de mon homme et j’ai vu ses pupilles se dilater sous l’excitation…

Ben oui, après 4 ans et deux enfants, tu serais surprise de ce qui peut t’allumer, maintenant, versus ce qui t’émoustillait lors des débuts de votre relation.

Mon lapin, ta mobylette est neuve, on n’a pas d’enfant avant 48 h… Cr*** que oui ça se fait!

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Et c’est à ce moment, sois 30 minutes après avoir pris la décision, à l’attente d’un feu vert quelque part sur la rue Sherbrooke, le soleil sur ma peau, collée sur l’homme que j’aime, que j’ai décidé de faire un guide des 10 commandements pour un méchant beau road trip en Vespa.


Les 10 commandements du Road Trip en Vespa

1. Préparée, tu seras

En Vespa, comme sur n’importe quelle autre mobylette de type 50 cc (si tu ne le savais pas…), tu n’as pas accès à l’autoroute. Mais puisque tous les chemins mènent à Rome, c’est aussi super facile de se perdre au milieu d’une route de campagne, éloigné de toute civilisation.

Donc, à moins d’avoir été guide touristique dans une autre vie, il y a de fortes chances qu’un minimum de préparation s’impose

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Bien visualiser les routes à prendre, utiliser un GPS ou autre gadget, planifier les pauses à des endroits stratégiques pour se dégourdir et recalculer l’itinéraire. Mais surtout, prendre conscience du temps à mettre pour le trajet, sois au moins le double. Penser à bien retirer l’option d’autoroute lors de la planification, pour éviter de se retrouver là où tu ne veux pas, et si possible, s’assurer d’éviter les routes à 90 km/h.

Considérant que la moyenne de vitesse sur ces chemins est de 100km/h et qu’à deux sur une Vespa, tu frappes au maximum le 65km/h, même si en théorie c’est ok, en pratique, crois-moi, c’est moyen fun!


2.  Bien équipé, tu seras.

Je mentionnais plus haut le fait de se munir d’un GPS ou autre pour savoir en temps réel la route à prendre. C’est non négociable. N’importe quel dispositif ne fait pas sur une mobylette et même si tu mets ton iPhone dans la poche, le volume au maximum, le bruit du moteur camouflera le son et tu te retrouveras à devoir t’arrêter chaque 500 mètres pour connaître la suite.

L’avantage de partir en Vespa, c’est de sentir le vent de la liberté sur ton corps. mais c’est aussi une méchante bonne façon de ressembler à un homard si tu ne mets pas de crème solaire, et ce, même si c’est gris, même si le vent est fort et froid.

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Crois-moi, j’ai encore les épaules et les cuisses qui brûlent et je ne te parle pas des avant-bras de mon chum.

 Erreur de débutant, je sais!

Prévoir un minimum de dépense. Bien qu’un plein de Vespa se limite à un gros 8$, la capacité de réservoir te demandera de t’arrêter un peu plus souvent. Par le fait même, il se peut fort bien que l’envie te prenne de boire ou manger quelque chose…

Prévoir du linge de rechange ou encore un imperméable est une méchante bonne idée, puisque la météo du Québec est imprévisible. Ou simplement parce que tu as envie d’arrêter faire une saucette dans les nombreux lacs favorables à la baignade.



3. Prévoir, tu feras.

Parce que partir sans but précis, c’est une chose, mais avoir un plan B en est une autre. Un road trip en mobylette, ça implique plusieurs choses, mais pas automatiquement le confort, et sûrement beaucoup de concentration.

Sans oublier que ce n’est pas une voiture, il n’y a pas de pneu de secours en cas de crevaison, ton coccyx risque de prendre une méchante volé pendant la ride et si tu perds ta motivation en chemin, c’est bien difficile de te dire que tu vas simplement coucher sur la banquette arrière pour piquer une sieste de 2h…

Savoir d’avance les garages sur la route, ou encore les motels, est une bonne façon de partir les épaules légères, sans avoir peur de devoir dormir dans un champ entre les vaches et les tas de fumier.

Tu peux aussi aviser un ami de votre folie et lui faire part du trajet approximatif, ce qui lui permettra de pouvoir vous rejoindre en voiture si un imprévu devait arriver.

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4. Découvrir, tu feras.

Le fait de ne pas avoir accès aux autoroutes rallonge peut-être le temps de trajet, mais les routes alternatives sont nombreuses et ça te permet de visiter tout plein de recoins cachés du Québec, ainsi que des paysages magnifiques. Chose que l’autoroute te prive. Des villes que tu ne connaissais pas, des fermes, des champs qui s’étendent sur des kilomètres avec le relief de certains monts comme toile de fond.

Les vents chauds et les vents froids que tu sentiras sur ta peau ne vont qu’accentuer ton sentiment de liberté. et tu sauras exactement où tu te situes par l’effluve réconfortant (ou pas!) qui vient avec les fermes, les bassins d’eau et/ou les arbres qui entourent notre beau Québec

Mais attention aux mouches que tu avaleras si tu ne te retiens pas ton sourire…

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Faire le trajet de jour est, selon moi, à prioriser. D’une part, parce que tu peux admirer la vue, et d’autre part, pour une question de sécurité. Le soir, tu ne vois pas spécialement bien l’état des routes et un nid de poule en Vespa ne pardonne pas.

Une chose est certaine, tu ne pars pas en road trip pour te rendre simplement à un point B. Il faut savoir s’arrêter sur le bord de la route pour admirer le paysage, pour dire bonjour aux habitants du coin, qui n’ont pas l’habitude de voir une Vespa traîner dans les parages, et s’enrichir de l’expérience.

Ne pas prévoir de temps d’arrivée à long terme est une très bonne façon de profiter et d’apprécier la virée.


5. En gros maudit, tu seras.

Le bon partage de la route est relatif selon chaque personne.

Certains conducteurs de voiture vont être super polis, patients avant de dépasser et respecter une distance plus que sécuritaire en vous envoyant la main lors dudit dépassement en question.

D’autres vont te faire payer la fois où il a perdu son rétroviseur alors qu’un conducteur de mobylette s’est pris pour le roi de la route en effectuant des zig-zag dans le trafic, comme il a vu sur des vidéos en Europe. Il se peut donc que lors de ton road trip, tu sacres un bon moment, alors qu’un malin te pousse d’un peu trop près au lieu de simplement te dépasser. Ou encore que tu doives effectuer un dépassement à 60 km/h en sens inverse parce que le troupeau de vélos devant toi ne semble pas connaître ledit partage de la route.

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Si tu te fâches en voiture, la Vespa ne fera pas exception, alors respire par les narines, et surtout pas par la bouche… Souviens-toi des mouches.


6. Le code de la route, tu suivras.

Vous vous rappelez du conducteur de Vespa qui a arraché le rétroviseur d’un automobiliste en zigzaguant dans le trafic comme ils le font en Europe ?

Eh bien, ici, on n’est pas en Europe et les gens ne sont pas tout à fait habitués à ce genre de conduite.

Ce qui peut occasionner des accidents inutiles. Même si tu as l’impression d’être le roi du monde grâce au sentiment de liberté que procure la mobylette, n’oublie jamais que tu n’as pas la protection d’une voiture. Et si par hasard, tu as l’impression que la route est déserte et que personne ne passe par les chemins de campagne, dis-toi que dans un rayon de 500 mètres, il y a assurément une voiture qui roule vers toi et que le stop que tu juges inutile au coin du rang est la seule chose qui te protégera d’un possible accident.

Le Code de la route est le même pour tous et il est non négociable.

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Ne surestime jamais tes capacités de conductrice de mobylette et rappelle-toi aussi que tu vas possiblement ralentir le trafic, alors tiens ta gauche et sois à l’affût des voitures qui arrivent. Leur faire signe si tu juges qu’ils peuvent dépasser en toute sécurité sera fortement apprécié des autres automobilistes et tu contribueras ainsi à la bonne réputation des Vespas !


7. Les acolytes, tu salueras.

Je ne sais pas si tu as déjà pu remarquer que les motos, quelles qu’elles soient, ont leur propre signe de salutation. Je trouve ça magnifique! Il y a une espèce de sentiment d’appartenance dans la symbolique de se saluer entre confrères de route.

Sur une 60 aines de motos croisées pendant le trajet, un maximum de 3 ont retourné notre salut. Autant dire qu’en mobylette, on se fait snober!

Reste qu’on vit la même chose et que nous avons tous la piqûre de la route. Alors soyons tous autant connecté les uns aux autres et saluons-nous entre acolytes. Bon, c’est sûr que ce n’est pas au nombre de Vespa que j’ai vu sur la route en dehors de Montréal qui aurait fait une différence, mais j’ai quand même espoir d’en voir de plus en plus au courant des prochaines années, donc aussi bien instaurer la salutation dès maintenant !

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8. Motivé, tu resteras… Ou pas!

Nous partions chez un couple d’amis et étions censés rester l’après-midi seulement et revenir avant le coucher du soleil à Montréal. Un trajet d’approximativement 350 kilomètres aller/retour. Finalement, un verre de vin en amène un autre, le soleil qui frappait sur le bateau a eu raison de nous et la motivation que nous avions en partant nous a laissé tomber quand on s’est souvenu des kilomètres à faire.

Par chance, notre ami avait un trailer. Notre zézète a finalement fait la ride de sa vie et a atteint le gros 110 km/h sur l’autoroute – chose qu’elle ne risque plus jamais de faire –, alors que nous étions assis bien confortablement sur la banquette arrière de la voiture de nos amis.

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Le lift jusqu’à mi-chemin nous a permis de reprendre notre courage avant de repartir pour la maison. Le plus dur avait été fait en voiture et on se disait à quel point on avait sous-estimé notre road trip. La remorque n’était pas prévue dans le plan, nous avons seulement été chanceux. Autrement, la fin du voyage aurait été moins agréable.


9. Écœuré, tu seras.

Parce que si tu ne finis pas avec une écœurantite aiguë de ta zézète, c’est que tu n’en as pas assez profité!

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Dans la dernière ligne droite de notre virée, j’avais juste hâte d’arriver chez moi, d’enlever mon casque, de me déplier le corps et de prendre un beau bain chaud pour me réchauffer. Malgré mon inconfort, j’avais vraiment la pleine impression d’en avoir profité au max ! Je me repassais la journée dans ma tête, émerveillée des images et de la satisfaction d’avoir fait quelque chose de mon week-end.

On s’est aussi promis, mon chum et moi, de laisser la Vespa dans la cour le lendemain, pour laisser un break à la mobylette et à nos fessiers.

 Nous étions écœurés, mais comblés.


10. La piqûre, tu auras.

Bon, notre promesse de se laisser s’ennuyer de la mobylette n’a pas duré longtemps. Dès le lendemain matin, alors que nos corps avaient pris la nuit pour se remettre de notre fameux road trip, nous sommes repartis faire un dernier tour de 120 kilomètres avant de récupérer les enfants.

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Voilà, nous avions la piqûre !


Bien que la majorité des propriétaires de Vespa circulent exclusivement à l’intérieur des rues de Montréal, j’estime que de sortir de sa zone de confort et de partir en road trip est une bonne façon de pousser un peu les limites de la mobylette.

Bien préparé, tu peux avoir autant de fun que ceux qui traversent le Québec avec leur Harley ou encore en voiture

Si vous possédez déjà une Vespa, ou que vous pensiez vous en procurer une, j’espère que vous allez faire comme nous et vivre la pleine expérience.

À quand le rassemblement de mobylettes pour une virée au travers des quatre coins du Québec ?