Triangle destructif des relations interpersonnelles : comment s’en sortir ?

On ne peut pas vivre seul, sans amour et sans conflit. C’est une loi de la nature ! On peut par contre prendre le temps d’explorer nos relations interpersonnelles et… d’en prendre soin.

J’aimerais donc vous faire découvrir (ou redécouvrir) le triangle de Karpman, ce modèle social d’interactions humaines, développé par le psychologue américain Stephen Karpman. Il met en vedette 3 rôles : le persécuteur / la victime / le sauveteur.


Tout le monde y passe !

C’est inévitable ! Chaque être humain, un jour ou l’autre, entre dans ce triangle infernal que j’ai surnommé (pour aider mes élèves à mieux comprendre le phénomène) le triangle des Bermudes.

On est en quelque sorte forcé d’entrer dans le tourbillon, qui risque de causer la mort de la relation.

Pour bien vulgariser le phénomène, je vais également faire plusieurs analogies au monde cinématographique.

Dans le film de notre vie, nous jouons inconsciemment des rôles lorsque nous interagissons avec les autres. D’après les scénarios vécus, nous choisissons notre discours et nos réactions en fonction de nos besoins et de nos intérêts, car nous ne voulons pas demeurer sur notre appétit à la fin de la projection de notre film.

Bref, on veut être applaudis et gagner un Oscar!

Parfois, on joue la comédie pour plaire aux gens et d’autres fois, on dramatise la situation pour que les gens nous prennent en pitié. Par moments, on est sentimental et on pleure, ne sachant que dire, en d’autres temps, nous avons peur et nous voulons contrôler la situation.


Cendrillon

C’est un phénomène insidieux ! Mon meilleur comparatif est le conte de Cendrillon. Lorsque la Belle-Mère acariâtre (LA PERSÉCUTRICE) s’en prend à Cendrillon (LA VICTIME) en l’accablant de toutes ses taches, la brimant de ses droits et l’humiliant devant tous ses sujets, elle la considère comme inférieure.

Ses filles l’appuient dans sa persécution et Cendrillon se soumet, s’apitoie sur son sort auprès de ses amis, les animaux. Elle se cherche instinctivement des alliés pour combattre sa méchante belle-mère.

Autour de tous ces personnages, il y a les sujets et la cour du Roi, qui voient tout ce qui se passe et tentent de l’aider (LES SAUVEURS), mais cette aide est sans issue. La seule issue qui vaille repose dans la grande force de Cendrillon et de sa fée marraine, qui veille sur elle. C’est de cette façon qu’elle s’en sort et que le conte se termine comme il se devrait, c’est-à-dire, très bien !


D’un rôle à l’autre

Dans notre quotidien, les rôles ne sont pas fixes. On peut passer du bourreau à la victime, en passant par le sauveur dans une même situation. Prenons par exemple le parent qui reproduit ce qu’il a parfois vécu dans l’enfance et se montre trop exigeant, répressif envers ses enfants. Par ses comportements répétés, il peut créer chez ses enfants un sentiment d’infériorité et favoriser un repli sur eux-mêmes.

Si ce parent présente le moindre signe de fatigue, de culpabilité et fait preuve de laxisme pour acheter la paix, il se transforme alors en sauveur et ce comportement risque de perturber les enfants qui ne savent plus quoi penser de la situation. Les enfants risquent de devenir capricieux, manipulateurs et peu volontaires.

Enfin, s’il le parent se plaît à jouer la victime et à se plaindre de sa situation, il compromet les besoins de ses enfants au profit de la satisfaction et reconnaissance d’autrui.

Il en va de même dans les relations de couples et d’amitiés


Se sortir du Triangle de Karpman

Dans ce jeu psychologique, il est essentiel, dans un premier temps, de se centrer sur ses propres besoins pour s’en sortir. Bref, de se questionner sur les raisons de nos actions. Le fait de prendre conscience du pourquoi de nos actes représente le premier pas vers la sortie de ce triangle infernal.

Ensuite, il faut apprendre à communiquer de façon non-violente. C’est-à-dire, en évitant de créer de la culpabilité, de la honte, de la peur chez les autres. Pour ce faire, il y a quatre principes à respecter :

1- Observer au lieu de juger

Attention, observer ne veut pas dire ne pas parler. Observer veut simplement dire nommer les faits .

Il est 12h00 et je t’avais donné rendez-vous à 10h00. J’aurais aimée être avertie de ton retard .

2- Exprimer ses sentiments

Fait à noter ici, la colère cache souvent de la peine. Il faut aussi savoir doser. L’inquiétude est moins lourde que l’angoisse. La crainte, moins pesante que la peur.

Je suis déçue.

3- Identifier ses besoins

Comme je le mentionnais précédemment, derrière chaque émotion se cache un besoin, qu’il soit satisfait ou non. Il importe qu’il soit conscientisé et nommé.

Comme je t’aime et que je m’inquiète pour toi, j’ai pensé qu’il t’était arrivé un malheur.

4- Demander clairement

Lorsque les attentes sont claires, il y a moins de surprises et de déceptions.

J’aimerais que tu me contactes la prochaine fois que tu comptes arriver plus tard.


Voilà! À vous de jouer maintenant, afin de vivre heureux et d’avoir beaucoup d’enfants !

– FIN –