Quand tout change trop vite et que tu n’es pas prête…

Photo Xavier Sotomayor, Unsplash

365 jours. Ça peut sembler si court, comme ça peut sembler si long. Mais, chose certaine, beaucoup de choses peuvent changer en un an. Des changements qui peuvent chambouler une vie…

Il y a un an seulement, tout était différent!

Début décembre 2016. Je viens de fêter mes 30 ans, mais honnêtement, mon cerveau ne l’a pas encore assimilé. 30 ans, c’est un beau prétexte pour se faire organiser un « surprise » et célébrer comme il se doit. Mais, au-delà de ça, je ne peux pas dire que je me sens comme « une vraie adulte ». Ça n’a pas tellement d’importance, vu que toutes mes amies sont exactement à la même place que moi. À ce moment-là…

J’ai des amies géniales. Elles sont intelligentes, drôles, belles, pleines d’idées et d’ambitions. Mais, aucune d’elles, à ce moment-là, n’était une « vraie adulte » à mes yeux.

Certes, on se projetait dans l’avenir pendant nos soupers bien arrosés : bébés, mariage, maison, etc. On se questionnait sur nos choix de carrière, on essayait de se dessiner des vies qui nous ressembleraient et nous combleraient.

C’était un peu comme si je nous voyais à la ligne de départ de nos vies d’adulte, mais la ligne de départ n’avait pas encore été franchie

Je sentais que mon plan de vie n’était pas encore parfaitement élaboré et qu’en attendant qu’il le soit, il était tout naturel de continuer à vivre comme je le faisais depuis des années. C’est-à-dire, une vie où les soupers arrosés, les week-ends au chalet, les road trips improvisés et les 5 à 7 qui s’étirent étaient chose fréquente.


Sous le choc

Mi-décembre 2016. Je m’apprête à aller prendre l’apéro avec ma meilleure amie. La soirée s’annonce bonne. Avec elle, ça ne peut pas être autrement. On se connaît depuis plus de 15 ans et on s’est toujours comprises en un regard. C’est un peu comme ma sœur jumelle, sauf qu’on ne se ressemble pas tant que ça. Dès qu’on prend place au bar, je sens qu’il se passe quelque chose, mais je ne sais pas quoi encore. Après un certain temps, où elle s’entête à ne boire que de l’eau, je lui lance, complètement à la blague : « coudonc, es-tu enceinte? » Elle me regarde, d’un air que je ne lui ai jamais vu et me répond : « oui, je suis enceinte, je m’apprêtais à te l’annoncer ».

J’ai littéralement arrêté de respirer

Ça me prenait de court, il n’y a aucun doute. J’étais sous le choc. Je n’étais pas prête à avoir un enfant et naturellement, cette annonce allait changer ma vie aussi.

Je me sentais tellement coupable et égoïste de penser à moi quand ma meilleure amie m’annonçait qu’elle allait donner la vie. Qu’elle allait être maman. Je me disais que j’étais certainement la seule personne au monde à réagir de cette façon et cette culpabilité m’étouffait.

J’avais peur de ce changement!


Perdre le contrôle

Photo Eutah Mizushima, Unsplash

Quelque temps plus tard, une autre amie m’annonçait qu’elle allait se marier. Peu de temps après, j’apprenais que deux de mes amies s’achetaient une maison sur la rive-sud. Et, pas très longtemps après, 3 autres amies m’annonçaient être enceintes.

Pour une fille qui a toujours aimé avoir le contrôle et prévoir à l’avance ce qui allait se passer, ça faisait beaucoup de changements, pratiquement tous en même temps de surcroît.

Je perdais tous mes repères. Tout allait changer si rapidement. La ligne de départ pour la « vraie vie d’adulte » était maintenant franchie pour plusieurs de mes amies. Mais moi, j’étais encore derrière cette ligne. Ne sachant pas trop comment, ni quand, j’arriverais à la franchir et surtout, si j’allais me perdre, toute seule à l’arrière.


Une année de bouleversements

La dernière année fût une année de bouleversements pour moi.

Un nombre d’heures assez considérable de réflexion et d’écoute de soi plus tard, je me retrouve maintenant à un moment dans ma vie où je respecte mon propre rythme et où mon cœur est rempli de bonheur et d’amour pour toutes ces étapes que mes amies vivent, pour toutes ces petites vies qui sont entrées (ou s’apprêtent à entrer) dans les nôtres.

Je regarde ces amitiés qui perdurent et qui s’enrichissent au fil du temps et je me dis que la vie est belle. Il faut simplement savoir s’écouter, ne pas avoir peur et très certainement…

le meilleur est à venir!