Safia Nolin chasse les Pokémon entre deux festivals

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Le Festif, c’est magique! Ce qui le distingue des autres événements? Les festivaliers : des vrais tripeux de musique qui se réunissent chaque année au cœur de la chaleureuse ville de Baie-Saint-Paul pour festoyer à ciel ouvert.

C’est donc dans un décor magnifique et avec une température parfaite que Safia Nolin s’est donnée en spectacle pour une première fois à ce festival, samedi dernier. J’ai eu la chance de lui poser quelques questions, entre deux parties de Pokémon Go, alors que nous étions allongées dans l’herbe verte, avec cette vue époustouflante!

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LaJournaliste – Cet été, tu te produis aux quatre coins du Québec alors qu’il y a quelques mois seulement, personne ne connaissait ton nom… Comment expliques-tu ton succès?

Safia Nolin – Je ne sais pas vraiment, je crois que c’est parce que je n’ai pas cherché à percer, j’ai juste voulu faire de la musique. Mais, je crois que tout le monde pense de même, donc ce n’est pas juste ça la clef. Je crois que c’est aussi parce que j’ai fait à ma tête. Ça m’a pris plusieurs années pour me rendre compte que c’était vraiment ça que je voulais faire, du folk, et je suis contente, alors j’imagine que c’est ça… mais je ne sais pas, pour vrai.

LJ – Sur scène, tu t’es excusée d’être aussi sinistre dans tes chansons. Est-ce quelque chose que tu veux changer pour ton deuxième album?

SN – Non, vraiment pas, j’aime mieux la musique triste que la musique joyeuse. Les autres sont bons pour faire ça, mais pas moi. Et je n’aime pas écouter ce genre de musique.

LJ – Parlant de ton deuxième album, est-ce que ça avance?

SN – Ça va venir naturellement, je pense. Du moins, j’espère, parce que ça ne fonctionne pas quand je suis sur la route. J’évolue et il faut que j’accepte que je change et peut-être que je devrai provoquer les choses plutôt que d’attendre que les chansons me viennent par elles-mêmes, comme avant, alors que je n’avais pas nécessairement de but avec tout ça. C’est vraiment intense la pression d’un deuxième album, en plus. Ça fait même pas un an que le premier est sorti et ça me stresse déjà. Ça ne faisait même pas deux mois qu’il était sorti et les gens me parlaient déjà du deuxième. Mais moi, j’aime mieux prendre mon temps.

LJ – Comment vis-tu ta toute première tournée des festivals, cet été?

SN – Je trouve ça dur qu’il n’y ait pas d’équilibre, mais tout le monde a de la misère. Après ma tournée avec Louis-Jean Cormier, je braillais parce c’est vraiment intense et après, te retrouver seule, c’est difficile. C’est vraiment des ups and downs. C’est 40 000 personnes un soir et après, tu te retrouves toute seule dans ton salon. Mais c’est ma première tournée, alors j’imagine que je vais finir par ne plus être aussi affectée.

LJ – Le domaine de la musique est encore majoritairement masculin, en tant que féministe, comment fais-tu pour te démarquer et ne pas te laisser impressionner?

SN – C’est dommage qu’encore aujourd’hui, une fille qui fait de la musique ne soit pas prise au sérieux. Je trouve ça difficile de toujours devoir prouver que je sais de quoi je parle, que je connais la musique: c’est frustrant! Il faut travailler fort pour percer. Il y a encore beaucoup trop de stéréotypes… Il faut cesser de dire que parce que c’est une femme, c’est de la musique de fille… On ne dit pas ça pour les gars!

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Crédit photo : Francis Gagnon

Questions en rafale…

LJ – As-tu un rituel avant de monter sur scène?

SN – Je fais des vocalises maintenant. Avant, je ne faisais pas ça, mais ça aide. Je suis aussi très assidue en tournée, contrairement à dans la vraie vie.

LJ – Avec quel artiste rêves-tu secrètement de collaborer?

SN – Bon Iver, n’importe quand! J’aimerais tellement ça. Sufjan Stevens aussi. C’est comme mon inspiration, mais c’est trop fucké ce qu’il fait.

LJ – Quelle chanson aurais-tu aimé écrire?

SN – My Heart Will Go On, elle est tellement bonne cette toune-là, elle est tellement bien écrite. Je l’ai traduite d’ailleurs parce qu’on me l’a demandé à Radio-Canada et j’ai trouvé ça l’fun, alors je la fais en show.

LJ – Qu’est-ce qui te rend irritable?

SN – Le monde prétentieux et ceux qui ne se tassent pas quand je veux passer avec mes instruments, par exemple.

 


Safia Nolin a très hâte à son premier show à Osheaga et vous donne rendez-vous à la scène des Arbres, vendredi, à 14 h 45.

En attendant, elle est probablement en train de jouer à Pokémon Go dans un parc près de chez vous… Ouvrez l’oeil!

Merci Safia pour la généreuse entrevue!