Maudite rivalité Montréal/Québec

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Je suis née et j’ai grandi à Québec, mais je vis à Montréal depuis cinq ans. Je réside donc au centre de la pire chicane de la terre (bon, disons de la province!), soit la fameuse rivalité Montréal/Québec!

Sérieusement, ce n’est pas facile! Je ne suis pas à plaindre, car c’est ma décision : je suis déménagé à Montréal pour les opportunités d’emploi, qui sont beaucoup plus grandes dans la métropole que dans la vieille capitale. Du moins, quand tu es journaliste culturelle!

Depuis que j’ai « immigré » dans le 514, je vis un trouble identitaire : je ne sais plus à quel clan j’appartiens. En fait, on dirait que ni Québec ni Montréal ne veulent de moi. On se lance la balle comme quand Justin Bieber cumulait les frasques et que le Canada voulait le « donner » aux États-Unis, mais que ces derniers ont craché sur l’offre.

Sauf que moi je n’ai rien fait de mal, tsé!

Personnellement, je ne pense pas qu’on devrait être obligé de trancher, mais la maudite rivalité m’oblige souvent à choisir un clan et chaque fois, c’est un combat contre moi-même.

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de vous présenter ce qui me rend le plus fière de ma ville natale versus ce que j’apprécie par-dessus tout de ma ville d’adoption. Au final, vous verrez pourquoi il est si difficile de trancher…

 

Québec

-Les gens sont tellement plus sociables et chaleureux

(Les gens se sourient et se saluent lorsqu’ils se croisent dans la rue – même s’ils ne se connaissent pas – et tiennent la porte au suivant dans les endroits publics. On appelle ça, le savoir-vivre!)

-La ville est tellement plus propre

(La plupart des gens de Québec sont nés dans la Vieille-Capitale, ainsi que leurs grands-parents et leurs arrière-grands-parents… Ils ont donc un sentiment d’appartenance envers « leur » ville. À la maison, jetez-vous vos ordures par terre? Non! Alors c’est la même chose pour nous, à Québec : on tient ça propre!)

-Le Vieux-Québec est si charmant

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(Je sais, Montréal a son Vieux-Montréal, mais selon moi, le Vieux-Québec est beaucoup plus charmant et accueillant. Le Château Frontenac, la terrasse Dufferin, les Plaines d’Abraham, l’escalier casse-cou, le funiculaire, le musée de la Civilisation, la rue du Trésor, la Citadelle, le parc du Bois-de-Coulonge, la Basilique-Cathédrale Notre-Dame, la rue St-Jean… Tous des petits bijoux!)

-C’est tellement plus sécuritaire/rassurant

(Jamais au grand jamais je ne me suis sentie en danger à Québec. Pourquoi? Parce que c’est un gros village et que tout le monde connaît tout le monde. Bon, ce n’est pas évident de trouver un gars qui n’a pas sorti (ou couché) avec une de tes amies quand tu es célibataire, mais bon… Au moins on se sent en sécurité!)

-Les Plaines d’Abraham

(Un parc urbain de 98 hectares… Qui dit mieux?! Durant la Saint-Jean-Baptiste et le Festival d’Été, elles s’animent et deviennent la fierté de la ville de Québec!)

-Un gros WOW pour l’hôtel de glace

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(Bon, je n’y ai jamais passé la nuit, mais c’est quand même cool (lire : unique en Amérique) comme attraction, et ce, autant pour les résidents que les touristes.)

-Il y a tellement moins de trafic

(C’est certain qu’à l’heure de pointe, il y a des embouteillages, mais en temps normal, on circule librement du point A au point B, parce que la ville n’est pas bondée de travaux à chaque coin de rue, comme dans la métropole!)

-L’hiver, c’est Carnaval

(Une méchante bonne raison de se réchauffer lors des deux mois les plus froids de l’hiver. Tout plein d’activités intérieures et extérieures sont organisées, sans oublier le fameux défilé, les duchesses, le Bonhomme Carnaval et… le « caribou »!)

-La frénésie du Rouge et Or Football

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(C’est la meilleure équipe de football universitaire au Québec depuis des années et l’ambiance au stade est toujours à son summum. Ahhhh… de nombreux souvenirs de « tailgates » me reviennent soudainement à l’esprit…)

-La délicieuse poutine Ashton

(Je sais qu’il y a des dizaines et des dizaines de restaurants qui servent de la poutine au Québec et j’en ai goûté des délicieuses ailleurs, mais dans mon cœur (et dans ma bouche!), celle du Ashton restera toujours la meilleure!)

 

Montréal

-Osheagaaaaaaa

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(Sérieusement, il n’y a pas de plus beau festival qu’Osheaga! Pendant trois jours, on se sent littéralement sur une autre planète, un petit monde isolé, à l’abri de tout, là où seule la musique importe. C’est magique!)

-Le multiculturalisme

(À Montréal, les différentes nationalités se côtoient. Ce mélange créé parfois de la bisbille, on ne peut pas se le cacher, mais par-dessus tout, ça crée un merveilleux éventail de couleurs, qui nous permet d’en apprendre sur les autres cultures. Au final, on mange dans des petits restaurants jamaïcains typiques, on magasine dans le dépaysant quartier chinois et on se balade dans le Mile-End, où l’on en voit de toutes les couleurs. Ça bouillonne à Montréal!)

-Les mille et un événements

(On ne peut pas passer sous silence la quantité astronomique d’événements qui se déroulent chaque année à Montréal. Du concours de bouffe, au festival de musique en passant par l’événement d’humour, de gamers et de mode: tout est axé sur le divertissement et on ne s’ennuie pas une seconde dans la métropole!)

-La frénésie du Grand Prix

(Après Osheaga, le weekend du Grand Prix est mon weekend favori à Montréal! Je l’avoue, j’aime tout ce qui est jet set et la première fin de semaine de juin, c’est le summum sur l’île! Les gros chars, les soirées mondaines, le champagne qui coule à flots: c’est parfait!)

-Le hockey des Canadiens

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(Non, je ne suis pas une fan de hockey, mais ça crée une telle effervescence dans la ville, les soirs de match, qu’on devient tous partisans… à notre façon!)

-L’impressionnante Place des Festivals

(Été comme hiver, la Place des Festivals accueille en plein milieu de la ville tous les plus grands événements. C’est toujours impressionnant de se retrouver au beau milieu de la foule, entourée de gratte-ciels.)

-Les délicieux food trucks

(Sérieusement, ç’a changé ma vie! Il y a de la bouffe à chaque coin de rue, maintenant, et pas seulement des hot dog vapeur, là: de délicieux plats de restaurateurs locaux. On aime… mais notre tour de taille un peu moins! #firstworldproblem)

-La magie d’Igloofest

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(Un gros rave extérieur, en plein hiver : faut le faire! Pour y être allé à deux reprises, la formule est gagnante et l’ambiance est de feu, croyez-moi! En plus, avec un « dress code » qui encourage les habits de neige fluo une pièce, vous êtes certains de ne pas vous ennuyer!)

-Le volet culinaire

(On ne se le cachera pas, Montréal est reconnue pour ses bonnes tables. La foodie que je suis est donc plus que choyée par l’offre impressionnante de la métropole. Ici, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Ce n’est pas mêlant, même avec trois repas par jour, je n’arrive pas terminer ma « to do list » gourmande!)

-Les joies du métro

(Ok oui, des fois ça pue dans le métro, des fois il fait chaud, des fois il y a des pannes et parfois même des chicanes, mais malgré tout, c’est un moyen de transport qui est plus qu’efficace et nécessaire dans la métropole. On ne pourrait plus s’en passer. Ça facilite la vie de tout un chacun.)

 

En conclusion…

Alors, vous comprenez pourquoi c’est si difficile de choisir maintenant? En fait, je dois avouer que dans mon cœur, je vais toujours rester une petite fille de Québec, qui dit (attention – les mots suivants sont mal orthographiés, mais c’est pour accentuer la prononciation) :

-« arrèète » et non « arraîîte » (même si je sais que je n’ai pas raison)

-« photto » et non « phôôto » (j’ai raison)

-« potteau » et non « pôôteau » (j’ai raison)

-« balène » et « balaîîne » (j’ai raison)

-« halène » et non « halaîîne » (j’ai raison)

Parce qu’à Québec, on n’est pas habitué à se faire payer des verres par les hommes lorsqu’on sort dans les bars, je suis toujours surprise quand ça m’arrive à Montréal (ou plutôt quand ça m’arrivait, parce que je ne sors plus ben ben…). Je prends donc toujours le temps de remercier le généreux donateur, ce qui me vaut souvent une phrase du genre : « D’où viens-tu? Certainement pas de Montréal… »

Bref, les gens de Montréal ne me considèrent pas des leurs et les gens de Québec m’appellent la Montréalaise. J’ai donc décidé d’arrêter de m’en faire avec les terminologies et de vivre ma vie!

  • Camibou

    Allo ! moi c’est l’inverse, je viens de Mtl et habite Québec depuis plus de 10 ans. Le seul point avec lequel je ne suis pas d’accord, c’est celui où tu dis « Les gens sont tellement plus sociables et chaleureux » ie Les gens se sourient et se saluent lorsqu’ils se croisent dans la rue – même s’ils ne se connaissent pas – et tiennent la porte au suivant dans les endroits publics.
    Je ne remarque pas cela, mais alors là pas du tout ! Les gens sont je trouve encore plus fermés sur leur petit monde s’ils ne te connaissent pas. J’ai toute la misère du monde à avoir un bonjour de la part de mes voisins dans l’immeuble où j’habite, si ceux-ci sont de ma génération. Sur la rue, rares sont ceux qui portent leur regard sur moi. Et j’ai que des gens un peu weirdo qui me parlent dans la ligne à la caisse du provigo !!