Le jour où j’ai fait un pied de nez à mon trouble alimentaire

Photo Iarm Rmah, Unsplash

Jusqu’au 7 février, c’est la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires. Après avoir fait un court paragraphe sur ce sujet dans mon dernier article (Mon p’tit moral: 5 astuces pour le garder en haut de zéro en hiver), j’ai envie de vous parler un peu de mon histoire, en toute humilité, pour peut-être en aider quelques-unes…

Avant de commencer, j’aimerais vous dire que de un, vous n’êtes pas seules, et de deux :

OUI, il y a de l’espoir!

Photo: Noah Silliman Unsplash

Le régime qui a mal viré!

Longtemps, j’ai nié mon trouble alimentaire en éloignant volontairement (ou inconsciemment) toute aide. J’avais tellement peur de devenir grosse que je « focusais » uniquement sur mon alimentation, mes calories et les aliments à NE PAS manger.

Bien sûr, lorsque je mangeais quelque chose qu’il ne fallait pas, je me punissais, soit par la boulimie, soit par des excès de sport ou encore avec l’aide de plusieurs laxatifs…

À cette époque, mon alimentation était tellement saine qu’elle en était maladive. J’avais autant de restrictions alimentaires que de séances d’activités physique par jour. Et je ne parlerai même pas de toutes les pilules « soit disant miracles » pour perdre du poids que j’ai essayé… avec désespoir!

Ce mode de vie extrême m’a finalement poussé à mes pires limites et m’a totalement isolé de mon entourage. Je suis devenue anxieuse. Avant chaque événement familial, je stressais de ne pas pouvoir contrôler ce que j’allais ingurgiter et quelle quantité de beurre ma mère allait mettre dans ses légumes, que j’avais l’habitude de manger avec rien pantoute!

le pire? si elle achetait un dessert!

Photo: Brenda Godinez Unsplash

La simple vue d’un sac de Doritos me rendait folle, alors imaginez un brownies… moi qui ADORE le chocolat!

Je me faisais des plans de survie et me disais que si je ne feelais pas bien, j’irais « prendre l’air »… pour me faire vomir.

 


Un exil de réconfort qui devient une prison!

Bien entendu, tout ce stress me faisait manger mes émotions (en cachette, évidemment), que je m’empressais d’évacuer aussitôt! Mon corps maltraité a joué au yoyo: prise de poids, perte de poids, reprise d’encore plus de poids, etc…

Alors, j’ai commencé à couper (sans m’en rendre compte) mes sorties. Je me suis isolée dans ce que je trouvais le plus rassurant et que je pouvais contrôler : mon régime.

C’est là, je crois, que la dépression s’est sournoisement installée en moi

Aujourd’hui, je sais que j’étais mince et en forme, bref que j’aurais dû m’aimer. Mais, ce que moi je ressentais à ce moment-là, c’était différent. Ce n’était jamais assez, je n’étais pas assez mince, pas assez « fit », pas assez belle!

Photo: Xavier Sotomayor Unsplash

Et je sais que peu importe les résultats, jamais j’aurais pu accepter mon corps, car je ne m’aimais pas, point!


Atteindre le fond du baril

J’étais profondément malheureuse dans ce corps et loin de comprendre que même si je devenais mince (telle une Charlize Theron) ou parfaitement courbée (comme les modèles Instagram qui me faisaient tant haïr mon corps imparfait), si je ne réglais pas le problème dans ma tête, JAMAIS je ne pourrais m’aimer et être bien dans mon corps!

Et je tiens à mentionner que je commence à peine à assimiler cette information

Ben oui! Malheureusement, cette phrase ne s’est pas imprégnée en moi dès que je l’ai entendue, telle une grande révélation de la vie qui te sort par magie du coma! Eh non, la vie étant ce qu’elle est, elle m’a fait prendre mille et un chemins pour me faire grandir, travailler sur moi, pour m’apprendre, me pousser et même me provoquer!

Je me rappelle exactement ce que m’avait dit mon médecin avant de me prescrire des antidépresseurs:

Elle: Est-ce que tu penses au suicide?

Moi: Hum… Non, pas vraiment… Ben, je ne sais pas…

Elle: Ok. Mettons qu’une auto foncerait sur toi, te tasserais-tu?

Moi: Non.

C’est là, exactement là, que j’ai pris la décision d’aller mieux. Pour mon corps, pour ma santé, mais avant tout: pour MOI! Je voulais retrouver ma joie de vivre, ma motivation, ma personnalité… je voulais ME retrouver!

Car, à part cet impression d’être une crevette molle oublié dans l’fond d’un évier, je ne ressentais pas grand chose.

Photo: Christopher Campbell Unsplash

Le livre qui m’a guidé

Loin de me douter que ce livre, Mangez!, allait autant me chambouler, je l’ai acheté par pur hasard, en fouillant sur internet à la recherche de livres en rapport avec la boulimie. Je voyais, à ce moment, un psychologue attitré aux troubles de l’alimentation, qui m’a également beaucoup aidé à verbaliser mes émotions.

Je me rappelle avoir pleuré de soulagement en lisant les mots de Guylaine, l’auteure. C’était comme si je me voyais devenir cette femme inspirante!

Je me suis dit: C’est cette façon de vivre que je veux adopter, dans ma vie, soit l’alimentation intuitive!

Et c’est par la suite, que je me suis inscrite à ses cours en ligne, donnés par sa clinique mUula, et que j’ai lu son 2e livre: Manger ses émotions.

J’ai suivis ses conseils et exercices aveuglement et en toute confiance, car je sentais que c’était ma voie.

Photo: freestocks.org Unsplash

En même temps, j’ai eu recours à l’acuponcture, qui s’est révélé des plus efficaces pour mon moral et qui m’a aidé à arrêter mes antidépresseurs.


Rien n’est jamais acquis

Aujourd’hui, j’ai appris à accepter mon trouble alimentaire, autant que mes émotions. Il m’arrive encore d’avoir des crises de boulimie, mais au lieu de me varger dessus comme j’avais l’habitude, je cherche des solutions.

Je rouvre mes livres, je réécoute mes cours, j’écris sur le groupe privé de la clinique où se trouvent des femmes vivant des situations similaires à la mienne, je fais mes séances de méditation, je m’achète de nouveaux livres sur la croissance personnelle (tels que La liste de Jérémy Demay, qui m’a permis d’en apprendre sur la visualisation positive et sur l’hypnothérapie, que j’ai incorporé également dans ma vie), ou j’appelle les personnes avec qui je me sens à l’aise de parler et de m’exprimer.

Bref je tente d’extérioriser ce qui me met dans cet état et donc, qui me fait compulser

Non je ne suis pas devenue parfaite. Oui j’ai encore de la difficulté à apprécier totalement et entièrement mon corps. Mais, est-ce que je l’haïs comme avant? Loin de là! Je suis zen avec lui, je l’aime, je suis reconnaissante envers lui et indulgente envers moi. Mais surtout, je suis heureuse et bien en dedans de moi!

Photo: Bar Larue Unsplash

Après tout, c’est ce qui compte vraiment! Sur ce, Prenez soin de vous mesdames <3