La Journaliste cause pour la cause – l’anxiété de performance

En cette journée de sensibilisation pour la cause, je perpétue la tradition que j’ai instaurée il y a quelques années avec La Journaliste en vous livrant un écrit sur la santé mentale.

Comme l’année 2019 s’est avérée être, pour ma part, une période de grands accomplissements personnels et professionnels, l’évidence m’est venue de vous entretenir sur l’anxiété de performance, ce mal du siècle que je qualifie d’épidémie de l’esprit.

Un mal dont j’ai souffert longtemps… trop longtemps !

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Nous devons constamment performer

Meilleur conjoint;
Meilleure amoureuse;
Meilleur mari;
Meilleure maîtresse;
Meilleur père;
Meilleure belle-mère;
Meilleur frère;
Meilleure étudiante;
Meilleure employée;
Meilleur patron;
Meilleure voisine;
Meilleur aidant naturel;
Meilleure amie;
Meilleur athlète;
Nous devons être meilleur(s) en tout !

Pour le plaisir, relisez ces rôles et faites le compte de ceux qui ont déjà suscité chez vous une remise en question, un désir de réussite, une crainte d’échouer ou d’être rejeté.

J’ai fait l’exercice et j’en compte facilement une dizaine !

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En raison de mon passé, je suis une bonne candidate à l’anxiété de performance. Heureusement, j’en ai pris conscience et j’ai rapidement entrepris de trouver des moyens pour contrer ce mal qui m’habitait chaque instant. Il m’a fallu d’abord découvrir pourquoi j’étais si exigeante envers moi-même donc, nécessairement envers les autres.


Peur de ne pas être à la hauteur

Tous les êtres humains ont les mêmes besoins, peu importe leur origine. Mise à part les besoins physiologiques, être aimé et reconnu demeurent les besoins les plus fondamentaux. Malheureusement, la société de performance dans laquelle nous évoluons accentue notre besoin d’estime et de valorisation.

Notre société exige le meilleur en toutes circonstances, sans toutefois être en mesure de satisfaire notre besoin de reconnaissance

En éducation, on mise sur les résultats scolaires et comportementaux;
Dans les médias, on déforme souvent la réalité;
En politique, on promet et on idéalise;
Dans le sport, on célèbre l’excellence;
En santé, l’esthétique gagne du galon;
À la maison, les parents admirent et protègent leurs enfants à outrance;

Je pourrais poursuivre ainsi et en détail pendant plusieurs pages…

Les causes de l’anxiété de performances sont multiples et nous y sommes confrontés chaque instant !

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Bien sûr, certaines personnes ont des prédispositions neurologiques et génétiques à une plus grande anxiété, mais force est de constater que les exigences de la société peuvent affecter la majorité.

Étant l’aînée d’une famille de trois enfants, on a toujours exigé de moi le meilleur. La réussite sociale, personnelle et professionnelle était au centre des préoccupations de mes parents.

J’ai donc développé très tôt le sentiment de devoir plaire pour être aimé, avec tout ce que cela comporte : de bonnes études, un bon emploi, une apparence physique impeccable, une grande implication sociale, fonder une famille, avoir de saines habitudes de vie… J’avais l’impression que si je ne me démarquais pas, je ne serais pas à la hauteur de leurs attentes, de leurs rêves. Parfois, ils m’encourageaient, souvent ils me critiquaient.

Ajoutez à cela les exigences de la société actuelle et vous obtenez un mélange plus qu’explosif !


Épuisant !

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Comme nous évoluons dans un système à qui nous devons apporter chaque jour la preuve que nous sommes les meilleurs, les symptômes de l’anxiété de performance sont souvent sournois et pernicieux.

Ça commence par un petit mal de ventre, une tension musculaire ou un sommeil agité. On se dit qu’on a eu un gros weekend de célébrations, que c’est normal et que ça va passer.

Ça recommence avec un mal de tête, des malaises gastriques et un peu d’insomnie. On se dit qu’on est un peu préoccupé par nos responsabilités, que c’est normal et que ça va passer.

Ça se poursuit avec une baisse d’énergie, une tristesse qui s’installe et une douleur chronique au cou. On se dit que c’est l’hiver, que les vacances s’en viennent et que ça va passer.

Ça se termine par une dépression, des crises de panique et parfois (ça été mon cas), une envie soudaine de s’enlever la vie. On se dit qu’on est allée beaucoup trop loin pour être LA meilleure et tenter de plaire à autrui et on prend la décision de s’aimer telle que l’on est !

On a certes besoin des autres pour vivre et pour mieux vivre, mais on oublie souvent que tout part de soi !


Comment s’en sortir ?

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 » Je stresse à propos d’un stress avant même qu’il y ait un stress pour me stresser. Après, je stresse d’avoir été stressée par un stress sur lequel je n’avais pas à stresser. Tout ça est vraiment trop stressant pour moi ! »

Si cette citation vous colle à la peau, si vous vivez de la détresse ou encore si vous avez de la difficulté à assumer vos responsabilités sociales, professionnelles ou familiales en lien avec une quelconque forme d’anxiété, n’hésitez pas à consulter des professionnels de la santé et à vous entourer de gens qui seront à l’écoute de vos besoins, sans attente & jugement.

C’est ce que je me suis fait comme cadeau pour guérir !

Plusieurs sites internet proposent également des trucs et des ressources qui peuvent vous venir en aide. La plateforme de Bell, qui a été mise en place afin de soutenir les initiatives en santé mentale au Canada, regorge de liens en ce sens.


Créons un changement positif !

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Au cours des dernières années, la vie m’a apporté un lot d’épreuves considérables avec la maladie et le décès de mes parents & conjoint. Forte d’une grande résilience, j’ai tout de même connu de grandes périodes de vulnérabilité et une grande remise en question sur mes choix de vie personnels et professionnels.

Aujourd’hui, je célèbre le premier anniversaire d’une grande décision : celle de demeurer en vie pour profiter de chaque petite parcelle de bonheur qui se présente à moi, dans la pleine conscience. Je sais que l’existence est constituée de souffrances autant que de joies, mais je savoure désormais chaque instant, entourée de gens qui carburent à la même soif d’authenticité et de respect.

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Choisis-toi !

Ce virage à 180 degrés m’a porté vers la réalisation d’un grand rêve, celui de fonder mon entreprise en communications. Depuis, j’accumule bonheurs et succès. Je rencontre des gens positifs et riches de sens.

Je n’attends plus la reconnaissance, je la crée !

C’est également ce que nous propose de faire Bell en cette journée de sensibilisation à la cause. L’organisation versera 5 sous pour chaque message texte ou appel admissible, tweet, visionnement de la vidéo ci-bas dans les médias sociaux et utilisation du cadre sur Facebook ou du filtre sur Snapchat.

Alors, c’est un rendez-vous : partagez la bonne nouvelle en grand nombre…