Je ne suis pas zéro déchet : suis-je criminelle?

Photo: Laura Mitulla, Unsplash

Devrais-je me sentir coupable de ne pas en faire assez pour l’environnement en ce contexte de crise climatique? Depuis quelques jours, on nous martèle:

Vous pouvez bein parler vous zzzôtres les milléniaux/les boomers/les [insérez une génération au choix]…

Si t’étais pas coupé du monde, depuis quelques semaines, t’es certainement au courant du passage de Greta Thunberg à Montréal et de la grosse Marche pour le climat. Et alors que des millions de gens se réunissaient aux quatre coins du Québec pour dénoncer les changements climatiques, y’a eu un gros frette entre les générations.

Pis c’est pas le doux vent d’automne… Me souviens d’avoir eu chaud pas pire cette journée-là!

À noter que la marche mêlait des gens de tous âges ! Mais certains petits cocos ont pris plaisir à mettre la faute sur l’autre: qui a fait ci et pas fait ça. Pendant ce temps, dans les rues, t’as du monde qui voulait juste un avenir meilleur au lieu de chialer sur le passé.

Et là, depuis les événements, ça ne manque pas de nous faire sentir coupable de n’être pas assez écolo. Ça s’amuse à gauche et à droite à trouver des coupables et dire qui fait pire que l’autre. Ça sort des statistiques crédibles/pas crédibles pour dire que « toé l’jeune, t’es pire que nous autres, pis vous, les vieux, z’avez scrappé nos vies« …


Coupable ou pas?

environnement 01Bon, j’en viens au fait. Avec cette marche et autres manifestations, j’en suis presque stressée de me brosser les dents avec une brosse en plastique plutôt qu’en bambou. Je plaide coupable…

MAIS EST-CE QUE J’AI RAISON DE ME SENTIR AUSSI MAL?

Tenons-nous-le pour dit, la pire chose à faire est de se comparer à une personne zéro déchet. Pas vrai que tu vas te ramasser du jour au lendemain avec un pantalon en lin pis te laver les cheveux avec du bicarbonate de soude. Bravo à vous qui pratiquez le mode de vie sans déchet, surtout si vous avez des enfants! Mais moi, jeune millenial, je ne suis clairement pas rendu là.

Mais je le répète, dans la soudaine vague de solidarité climatique, ça me stresse.

J’en fais-tu assez? J’suis-tu correct?

Certains vont pousser un peu trop fort et vouloir nous forcer à ce qu’on se sente mal. Oh, tu manges de la viande? Réalises-tu toute la pollution que ça fait? Hey, t’as fait la Marche pis t’as un char… pas fort hein! Eh boy, utilise donc des coupes menstruelles…

Les gens sont de plus en plus sensibilisés, c’est normal! Mais de là à se dire que l’on contribue volontairement au changement climatique et que si l’équipage du Romano Fafard part en mission en 2034, c’est de ta faute…

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Source: Instagram Mélanie Ménard Officiel

Un geste à la fois

L’initiative des épiceries qui abolissent les sacs de plastique et qui nous permettent d’avoir nos plats pour le vrac et les coupes : on y adhère. Pis t’as 90% plus de chance de faire un voyage de 8 sacs sans en avoir un qui fende en plein milieu du parking.

L’instauration du compostage dans plusieurs villes, qui fait en sorte que le poids des ordures est plus léger : on y adhère. Pis notre poubelle de cuisine sent moins le cadavre.

Faire du recyclage… le concept n’est pas encore compris par tout le monde, mais ça va venir!

Sans oublier les tonnes de produits qui te permettent de produire moins de déchets, comme le papier en cire d’abeille, les pailles en métal (parce qu’en carton, on va se le dire, c’est de la scrap), les tampons démaquillants réutilisables, etc.

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Source: Anna Oliinyk sur Unsplash

Des options, y’en a plein et il s’agit d’en intégrer graduellement, sans devenir la Miss-Grano-Écolo du village. Parce que c’est bien beau vouloir acheter une création locale écofriendly à 50$, mais ça se peut que ton budget préfère quelque chose de moins cher.

On va y aller chacun à son rythme, sans se mettre de pression, ok?

Oui y’a une certaine urgence climatique, mais ce n’est pas en pointant quiconque du doigt de ne pas être assez écolo qu’on va faire avancer la cause.

ON FAIT CHACUN CE QU’ON PEUT SELON NOTRE PROPRE CONTEXTE: THAT’S IT!