Harold et Maude au théâtre: quand l’amour n’a pas d’âge

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Photo: Caroline Laberge

Maude a 90 ans. Harold en a 19. Et pourtant, malgré cette énorme différence d’âge…

ils tombent amoureux

Après Le Déclin de l’empire américain à l’Espace Go et Vol au-dessus d’un nid de coucou au Rideau Vert, voilà qu’Harold et Maude passe du cinéma au théâtre chez Duceppe.

Présentée jusqu’au 13 mai, cette adaptation signée Hugo Bélanger met en scène Béatrice Picard  et Sébastien René dans les rôles principaux.


La genèse

Photo: Caroline Laberge

Harold a quitté l’école. Son passe-temps? Se suicider. Ou plutôt, feindre le suicide. Pendaison, électrocution, tir par balle, il prend un malin plaisir à mettre en scène sa propre mort.

Sa mère, découragée, l’inscrit sur un site de rencontres, mais l’excentricité du personnage repousse les prétendantes.

Et puis, il rencontre Maude à des funérailles

Lesquelles? Nul ne le sait, puisque tous deux aiment uniquement y aller pour l’ambiance qui y règne.

Maude a connu les camps de concentration. Aujourd’hui, elle se contente de vivre sans se soucier des « qu’en dira-t-on »? Une maxime qui séduit Harold, habitué aux discours conservateurs d’une mère pour qui l’apparence revêt une grande importance.

Se développe alors une relation d’amitié basée sur une compréhension mutuelle. Et puis arrive ce fameux jour où Harold annonce à sa mère qu’il est amoureux et qu’il désire faire la grande demande à Maude.

Sa réaction? Une immense joie.

Sa réaction après avoir découvert qui était sa future bru? Une panique totale.


Les bons et moins bons coups

Photo: Caroline Laberge

Béatrice Picard, énergique et touchante, endosse brillamment le rôle de Maude. Son collègue Sébastien René, s’en sort bien, mais il hésite entre un français québécois et un français international, ce qui vient altérer la crédibilité de l’acteur.

Du côté du jeu des acteurs, on a misé sur l’exagération. Les acteurs surjouaient, un choix discutable qui, s’il peut faire rire, peut également devenir vite lassant.

Bref, une arme à double tranchants

Les blagues qui, au départ, faisaient sourire, devenaient vite agaçantes après qu’elles aient été maintes fois répétées. Des procédés humoristiques mal employés, ou qui ciblaient simplement un public plus âgé, comme j’ai pu le constater.


Projections vidéo

Photo: Caroline Laberge

Une des forces de cette pièce est la projection de vidéos sur les murs. À un moment, Harold et Maude se trouvent en voiture, c’est-à-dire assis sur une chaise avec derrière eux et à leur côté, une vidéo d’arbres défilant rapidement.

À un autre moment, ils sont assis sur un rocher avec derrière eux, l’image de montagnes. Bien réussi!

Duceppe nous propose donc une adaptation divertissante et portée par de bons acteurs. Mais, cette pièce aurait pu être plus efficace si l’on n’avait pas poussé jusqu’au ridicule certains personnages qui devenaient…

une caricature d’eux-mêmes!