Et si tu écoutais ton cœur?

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Avant de mourir, en février 2017, mon père m’a fait cadeau d’une célèbre phrase de Paul Coelho :

Ma grande, peu importe ce qui arrivera, écoute ton cœur. Il connaît toute chose, parce qu’il vient de l’âme du monde et un jour, il y retournera !

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Cette citation a résonné dans ma tête comme un écho à travers les plus hauts sommets. À ce moment précis, elle n’avait pas vraiment de signification. Elle m’a plutôt servi à assouvir la douleur de son départ terrestre et à me consoler du décès inattendu de ma mère, deux mois plus tard.

Puis, elle a fait son chemin et je lui ai donné un sens: le mien.


Entre le rationnel et l’émotif, je balance…

Je ne vous apprends rien en vous mentionnant que les épreuves nous aident à grandir, nous rendent plus forts. Pour certains, cela signifie avancer dans la vie avec prudence et considération. Pour d’autres, tout ceci rime avec une folle envie de vivre et de réaliser ses rêves.

J’appartiens à ce second lot.

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Cette année-là, plusieurs autres événements malheureux sont venus assombrir ma vie. Je n’ai pas voulu être victime de toute cette souffrance. J’ai donc choisi de la combattre, de m’en détacher. J’ai sorti mon armure pour me protéger et protéger mes proches. J’avais peur de sombrer dans la folie si je me laissais envahir par ma peine.

Je rationalisais tout !

Je voulais trouver une raison et une solution pour tout ce qui m’arrivait. Chaque petite situation devenait un enjeu de guerre et je tirais à bout portant sur tous les sujets. J’ai bataillé ainsi pendant plusieurs mois, jusqu’à ce que mes propres enfants battent en retraite…

J’ai alors réalisé que je ne gagnerais rien à agir ainsi. Il me fallait descendre dans mes abîmes pour comprendre et guérir. Il me fallait apprivoiser la souffrance et m’en faire une alliée, car elle fait partie de la vie et est inévitable.

Oui, j’ai eu envie de partir loin d’ici, dans un endroit où tout serait différent. Dans un pays où subvenir à tes besoins de base est ta seule priorité, car c’est prouvé, les peuples les moins bien nantis sont les plus heureux ! Ils n’ont pas à se tracasser avec la mort, car elle fait aussi partie de la vie et les rituels sont les mêmes.

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Malheureusement (ou plutôt heureusement), je n’ai pas pu quitter mon Québec natal, obligations familiales obligent. De toute façon, cette fuite passagère ne pouvait pas effacer mon passé et les souvenirs. Elle ne pouvait pas guérir mes blessures.

Un jour ou l’autre, tout ce bagage d’émotions m’aurait rattrapé, alors valait mieux y voir maintenant !


Vivre seule

Bien que plusieurs amis et membres de la famille de mon père m’aient supporté et sont encore très présents pour moi, je devais cheminer seule. J’en entends certains dire :

C’est beaucoup plus facile lorsqu’on partage sa vie avec quelqu’un…

Peut-être est-ce valable pour certains, mais ça ne l’était pas pour moi!

À prime abord, je savais déjà que j’étais la mieux placée pour me comprendre et m’en sortir, car nul autre que moi ne connaît la vérité et le chemin parcouru. Je suis la seule à ressentir les bonnes ou les mauvaises vibrations lorsqu’une situation se présente. Je n’avais pas envie de devoir m’expliquer à quelqu’un ou de dépenser de l’énergie pour qu’il ou elle comprenne mes états d’âme.

Oui, ça fait du bien de partager sa douleur avec quelqu’un, mais lorsque tu te retrouves seule, tu n’as pas le choix de l’affronter et ça fait encore plus mal !

J’avais également besoin de me prouver à moi-même que j’étais capable de trouver mes propres solutions et subvenir à mes besoins financiers, ainsi qu’à ceux de mes filles. Pas facile de tout reconstruire à 45 ans ! Aujourd’hui, je suis fière de dire que j’y parviens et que le mérite me revient à moi seule !

Je me donne une tape dans le dos, YES !

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Pour ce faire, j’ai continué d’écouter ma petite voix intérieure, celle qui me criait haut et fort :

Ça suffit ! Arrête de penser continuellement aux autres et de fondre ton quotidien au leur; n’accepte plus ses sautes d’humeur et le fait qu’il t’a triché; cesse de vouloir que les relations perdurent sans conflit; renonce à l’idée que votre histoire aurait pu être merveilleuse, car sa femme et lui s’aiment encore et elle était prête à tout pour lui remettre la main dessus. Abandonne la volonté que la maladie ou la mort donne un nouveau sens à leur vie; détache-toi de l’idée que l’on considère tes bons coups, car l’humain voit souvent le mal avant tout ou ce qu’il s’en imagine…


Renonce, mais fonce…

Moi, la grande justicière et l’authentique, j’ai dû renoncer à de nombreux combats de raison pour survivre. Je n’avais plus d’énergie à y consacrer. Désormais, j’écoute mon cœur et ma conscience, car ils me guident toujours vers ce qu’il y a de mieux pour moi, même si je dois emprunter un chemin qui m’effraie depuis toujours.

Lorsque je fais le bilan de mes plus belles réussites, je me rends compte que ce sont celles qui m’ont été inspirées par un cri du cœur, par une pulsion d’amour pour mes proches, pour mes jeunes, pour mes collègues au travail et pour moi.

Dernièrement, j’ai écouté ma petite voix intérieure qui me disait, depuis longtemps, de quitter ma stabilité d’emploi avec le gouvernement, dans un métier que je pratique depuis 26 ans, pour œuvrer dans un tout autre domaine plus précaire. J’ai foncé et le sentiment de bien-être ressenti est extraordinaire !

Ce sentiment me permet de surfer de succès en succès.

Et vous, oserez-vous être à l’écoute de votre cœur ?

Psssit! Pour vous inspirer, voici un livre de Rémi Tremblay et Diane Bérard que je vous conseille fortement :