Dans la solitude des champs de coton : rencontre entre un client et son dealer

Crédit: Jean-François Hétu

Le théâtre l’Usine C présente depuis mardi dernier Dans la solitude des champs de coton, une œuvre de Bernard-Marie Koltès, représentée pour la première fois en 1987 et mise en scène par Brigitte Haentjens.

Portée par les acteurs Sébastien Ricard (chanteur de Loco Locass) et Hugues Frenette, la pièce est un dialogue de 1h10 entre un dealer et un client, qui se rencontrent au milieu de la nuit.

Si vous marchez dehors, à cette heure et en ce lieu, c’est que vous désirez quelque chose que vous n’avez pas, et cette chose, moi, je peux vous la fournir; car si je suis à cette place depuis plus longtemps que vous et pour plus longtemps que vous, et que même cette heure qui est celle des rapports sauvages entre les hommes et les animaux ne m’en chasse pas, c’est que j’ai ce qu’il faut pour satisfaire le désir qui passe devant moi, et c’est comme un poids dont il faut que je me débarrasse sur quiconque, homme ou animal, qui passe devant moi.

Un texte exigeant, complexe, qu’il vaut sans doute mieux avoir déjà apprivoisé avant de le voir sur scène. Quelques secondes de distraction suffisent à vous faire perdre le fil.


Mise en scène problématique

Crédit: Jean-François Hétu

C’est une mise en scène dépouillée et originale que signe la metteure en scène Brigitte Haentjens. Originale, car les spectateurs se font face, séparés par une scène faite sur la longueur. On s’y sent donc comme dans une arène.

Toutefois, ce n’est pas sans amener quelques problèmes. La scène étant très longue et les acteurs bougeant d’un bout à l’autre, un mal de cou est quasi assuré! De plus, le son faisait parfois défaut lorsque les acteurs jouaient à l’opposé de notre siège.

Quant aux acteurs, un bémol pour Sébastien Ricard, puisqu’il était difficile de le comprendre en raison de son débit rapide… mais aussi de la mise en scène.

Hugues Frenette, dans le rôle du dealer, était pour sa part excellent.

Dans la solitude des champs de coton est présentée jusqu’au 10 février, à l’Usine C