Comment l’Inde a changé ma façon de voir les choses

Photo Koushik Chowdavarapu, Unsplash

Il y a un an, je venais d’acheter mes billets d’avion pour l’Inde, fébrile à l’idée de partir si loin et d’être complètement dépaysée. Mon frère et sa femme, tout deux de grands voyageurs, avaient décidé de s’y établir pour un an et j’allais les rejoindre.

Seule pour faire le trajet Montréal – New Delhi, j’ai eu beaucoup de temps pour imaginer comment ce serait. Mais, même l’imaginaire ne rivalise pas avec les couleurs, les odeurs et les coutumes de l’Inde.

Je me suis imprégnée de ce pays pendant mon séjour et j’ai beaucoup appris.

Je me suis ouverte à une culture complètement différente de la nôtre et ce fÛt fascinant!


Réveil abrupt

Après quelques jours à Rishikesh, on s’apprêtait à se diriger vers Agra. Le matin du départ, le cadran sonnait à 3h30. Même si on s’était couché relativement tôt, le réveil fût néanmoins abrupt…

On a rapidement réalisé qu’il n’y avait plus d’électricité et que c’était littéralement le déluge dehors (je m’étais justement posée la question la veille, à savoir s’il faisait toujours soleil en dehors de la saison des pluies). La chambre était plongée dans une noirceur totale. On a dû tâter à l’aveuglette devant nous pour saisir nos cellulaires et utiliser la lampe de poche. On était content d’avoir fini nos bagages la veille et on s’est bien débrouillé pour finaliser nos sacs et s’assurer de ne rien laisser derrière nous, dans cette chambre et dans cette ville où on ne retournerait pas.

Le trajet en taxi jusqu’à la gare était presque irréel tant nous étions fatigués et que la pluie martelait les fenêtres sans répit, au son d’une musique indienne traditionnelle.


Le système de castes

C’est pendant ce temps d’attente à la gare que j’ai été le plus frappée par la pauvreté criante et l’écart si grand entre les castes. On marchait à travers la gare, il y avait une odeur pestilentielle, des gens couchés partout par terre et mon frère nous a menés dans une pièce un peu à part (une salle horrible selon les standards québécois, mais vraiment très bien comparée au reste de la gare).

Pourquoi seulement une quinzaine de personnes s’y trouvaient, quand tant d’autres gens étaient couchés par terre et que dans cette pièce, il y avait des bancs?

Le système de castes est très présent en Inde, avec seulement ton nom et la ville d’où tu viens, il devient très clair à quelle caste tu appartiens. À la gare dans laquelle nous nous trouvions, seulement les niveaux de castes assez élevés et les blancs avaient le droit d’y être.

 Je me sentais plongée dans une autre époque.

C’était irréel de constater ce système de castes qui divise la société en plusieurs groupes hiérarchisés, et ce, encore aujourd’hui.

Notre train avait des lits superposés. On était bien contents de pouvoir dormir (un peu). Je dois avouer que je n’étais pas encore parfaitement habituée aux standards de propreté du pays.

Je me trouvais chanceuse de vivre une telle expérience et d’avoir l’occasion de remettre en question ce qui est « important » dans la vie

Quand j’ai finalement réussi à m’endormir, je me suis fait réveiller en sursaut par une petite fille qui passait devant mon lit et qui a jugé tout à fait normal de me pincer et me tirer le pied qui dépassait du lit! Totalement déstabilisant.


Les différences Inde / Québec

Ce fût une longue journée de voyagement, mais j’ai pu prendre conscience de d’autres différences entre le Québec et l’Inde. Une femme à côté de nous nous parlait et nous disait qu’il lui restait encore une journée de train avant de rejoindre son mari. J’ai regardé sa main gauche et constaté qu’elle ne portait pas de bague de mariage. En Inde, le bindi est un signe distinctif du statut de femme mariée très commun. Il s’agit d’un point entre les sourcils, fait d’une poudre rouge. Une fois mariées, les hindoues se tracent un sindoor (un trait vertical de poudre rouge partant du front et se terminant dans les cheveux).

Quant aux hommes, ils ne portent pas de bague et il n’y a aucun trait indiquant qu’ils sont mariés.

Bref, j’ai adoré ce pays vibrant, coloré et rempli de vie. Ce voyage m’a initiée à une culture très différente et totalement fascinante.

Voyager, ça fait grandir, évoluer et ça ouvre l’esprit

Ça devient un peu une drogue aussi…!