Le clone est triste : le comique à son meilleur

Photo: Josée Lecompte

Fin du XXIe siècle. Les baby-boomers ont disparu, expédiés sur la lune par nulle autre que la Cour internationale de Justice de l’ONU.

Le motif? Crime contre la Terre.

Leurs décisions ayant décimé la moitié de la population, il fallait agir. Le clonage est interdit : pas question qu’un baby-boomer revienne parmi nous!

Telle est la prémisse du Clone est triste, cette pièce des plus absurdes présentée au Théâtre aux Écuries.

Avec un décor qui n’est pas sans rappeler le jeu Clue, le spectateur est plongé à Beloeil (Montréal n’existe plus, ensevelie sous ses travaux!), au cœur d’une aristocratie de la fin du siècle. Côté cour se trouvent un piano et une batterie, maniés par deux personnages plus secondaires. Cultivés, mais pas trop (-Avez-vous lu Dumas? –Son premier album uniquement), riches, mais avec beaucoup trop de temps libre, car ne travaillant pas, ces cinq jeunes gens, que l’on surnomme le Club des marquis, s’ennuient.

Moi, je me rappelle avoir aidé mon grand-père, qui était aussi une grand-mère non binaire, à reprogrammer le firewall de son vieux robot de compagnie. J’avais 11 ans, dur été. Quand on travaille, on ne parle pas, disait-il, elle. D’une certaine manière, nous sommes des enfants d’esclaves.


L’enquête

Photo: Josée Lecompte

Pour tromper l’ennui, ils s’improvisent enquêteurs et tentent de percer un énorme mystère : Gilles Douillette. Cet homme, dont le nom évoque le passé, apprend qu’il est le clone d’un baby-boomer. Impossible alors pour lui de trouver un emploi, il doit se cacher. Le Club se donne pour mission de retrouver cet homme dangereux.

Aux aventures surréalistes – rencontre avec une poubelle tueuse et avec un homme sans visage – s’ajoutent des chorégraphies et du chant tout aussi burlesques.

L’absurdité passe également par le langage : à la fois soutenu, mais ponctué d’expressions purement québécoises, créant un certain décalage. Le jeu, très physique, est marqué par des mouvements extravagants.

Parmi les moments forts de la pièce, notons cet hommage à Joël Le Bigot présenté au TNB (Théâtre du Nouveau Beloeil), en forme de chorégraphie, où des extraits de l’animateur de radio sont présentés.

Et les acteurs? Investis à 100% dans leur rôle, ils livrent avec fougue leurs répliques cinglantes et pleines d’autodérision.

Pour rire un bon coup, ça se passe au Théâtre aux Écuries, juqu’au 16 février